Introduction to the Devout LifeChapter XXII. That we must purify ourselves from affection to venial sins

St Francis de Sales († 1622) · Introduction à la vie dévote · 1609

Chapter XXII. That we must purify ourselves from affection to venial sins

At the approach of daylight we perceive: more clearly in a mirror the spots and stains that disfigure our faces, so, as the inward light of the Holy Spirit more and more enlightens our consciences, we see in a more distinct and clear manner the sins, inclinations, and imperfections which prevent us from attaining to true devotion, and the same light which enables us to perceive those spots and blemishes inflames us with a desire to cleanse and purify ourselves from them.

You will, then, discover, my dear Philothea, that, besides mortal sins and the affection to them, from which you have been purified by the foregoing exercises, there still remain in your soul several inclinations and affections to venial sins. I do not say that you shall discover the venial sins themselves, but your affections and inclinations to them; because the one is very different from the other; for although we can never be altogether so pure from venial sins as to continue for a long time without committing them, yet we need not entertain any voluntary affection for them. Surely it is one thing to tell a lie now and then in jest, or in matters of small importance, and another to take pleasure in lying, and retain an affection for it on every occasion.

I therefore say that we must purge the soul from every affection to venial sins; that is to say, we must not voluntarily nourish the desire of persevering in any kind of venial sin, be it ever so small; because it displeases God, though not to that degree as to cause him to cast us off or damn us for it. Now, if venial sin offends him, the will and affection which we retain to venial sin is no better than a resolution to entertain the desire of displeasing his divine Majesty; but is it possible that a generous soul should not only consent to offend her God, but also to retain with affection the desire of offending him?

Such affections, Philothea, are as directly opposite to devotion as an affection to mortal sin is contrary to charity; they depress and weaken the spirit, prevent divine consolations, open the gate to temptations, and although they kill not, yet they make the soul extremely sick. “Dying lies,” says the wise man, “spoil the sweetness of the ointment.” — Eccles. x. 1. His meaning is, that lies which stay not long upon the ointment, but only taste it in passing by, spoil no more than they take, the rest remaining sound; but those which die in the ointment, deprive it of its sweetness. ‘Thus venial sins, which come upon a devout soul, and stay not long there, do it no great damage; but if they dwell in it by affection, they make it lose the sweetness of ointment, that is, holy devotion.

Spiders kill not the bees, but they spoil and corrupt their honey, and so entangle the honeycombs with their web that the bees cannot go forward in their work; now this is to be understood when the spiders make any stay among them. In like manner, venial sin kills not the soul, but it spoils devotion and entangles the powers of the soul so much with bad habits and vicious inclinations, that she can no longer exert that promptitude of charity in which devotion consists, but this also is to be understood, when venial sin continues to dwell in our hearts, by the affection with which we cherish it.

It is not a matter of great consequence, Philothea, to tell some trifling lie, to fall into some little irregularity in words, in actions, in looks, in dress, in mirth, in play, in dancing, provided that as soon as these spiritual spiders are entered into our conscience we chase and drive them away, as the bees do the corporal spiders; but if we permit them to remain in our hearts, if we cherish the desire of retaining and multiplying them, we shall soon find our honey destroyed, and the hive of our conscience corrupted and ruined. I say once more, what probability is there that a generous soul should take pleasure in displeasing her God, or affect what would be disagreeable to him, or willingly do that which she knows would give him offence?

A mesure que le jour croît, nous voyons plus clairement dans le miroir les taches et les souillures de notre visage: de même, à mesure que la lumière intérieure du Saint-Esprit éclaire nos consciences, nous voyons plus distinctement les péchés, les inclinations et les imperfections qui peuvent nous empêcher d'atteindre à la vraie dévotion; et cette même lumière, en nous faisant voir nos défauts, nous anime du saint désir de nous en corriger.

Vous découvrirez donc, ma chère Philothée, qu'outre les péchés mortels et l'affection aux péchés mortels, dont vous avez été délivrée par les pratiques ci-dessus indiquées, vous avez encore dans votre ame beaucoup d'inclination et d'affection aux péchés véniels: je ne dis pas que vous découvrirez des péchés véniels, mais je dis que vous découvrirez de l'inclination et de l'affection à ces sortes de péchés. Or, l'un est bien différent de l'autre: car nous ne pouvons jamais être entièrement purs de péchés véniels, ou du moins nous ne pouvons pas persévérer long-temps dans cet état; au lieu que nous pouvons bien n'avoir aucune affection aux péchés véniels. Ainsi autre chose est de mentir une fois ou deux de gaîté de cœur en matière peu importante, autre chose de se plaire à mentir, et d'être affectionné à cette sorte de péché.

Et je dis maintenant qu'il faut nettoyer son ame de toutes les affections qu'elle peut avoir au péché véniel; c'est-à-dire qu'il ne faut point nourrir volontairement le dessein de persévérer dans tel ou tel péché véniel, car aussi ce seroit une trop grande lâcheté que de garder sciemment dans sa conscience une chose aussi capable de déplaire à Dieu que la volonté de lui déplaire. Le péché véniel, quelque petit qu'il soit, déplaît à Dieu, bien qu'il ne lui déplaise pas jusqu'à nous attirer sa malédiction éternelle. Mais si le péché véniel lui déplaît, il en résulte que l'affection du péché véniel est une résolution de vouloir toujours lui déplaire: et seroit-il possible qu'une ame bien née, non-seulement déplût à son Dieu, mais encore mît son plaisir à lui déplaire toujours?

De telles affections, Philothée, sont directement opposées à la dévotion, comme les affections au péché mortel le sont à la charité. Elles énervent les forces de l'esprit, empêchent les consolations divines, et ouvrent la porte aux tentations; et bien qu'elles ne tuent pas l'ame, elles la rendent extrêmement malade. Les mouches mourantes, dit le Sage, font perdre au baume son odeur et sa vertu. Il veut dire que si les mouches s'arrêtent peu sur le baume, et y goûtent seulement en passant, elles ne gâtent que ce qu'elles prennent, et le reste demeure intègre: au lieu que si elles meurent au beau milieu du baume, elles le gâtent beaucoup et lui ôtent de son prix. De même les péchés véniels arrivant en une ame dévote et ne s'y arrêtant pas long-temps, ne l'endommagent qu'assez peu; mais si ces mêmes péchés demeurent dans l'ame par l'affection qu'elle y met, ils lui feront perdre comme au baume sa suavité, c'est-à-dire la sainte dévotion.

Les araignées ne tuent pas les abeilles; mais elles gâtent et corrompent leur miel, et quand elles s'attachent à la ruche, elles en embarrassent si fort les rayons avec leurs toiles que les abeilles ne peuvent plus y faire leur ménage. Ainsi le péché véniel ne tue pas notre ame, mais il gâte la dévotion; et quand il s'y attache par l'habitude et par l'affection que nous y mettons, il embarrasse tellement les puissances de l'ame, qu'elle ne peut plus agir avec cette ferveur et cette promptitude de charité, qui est le propre de la vraie dévotion. Ce n'est rien, Philothée, de dire un petit mensonge, de se dissiper légèrement en paroles ou en actions, d'avoir un peu de curiosité dans les regards, un peu de vanité dans les habits; de se plaire à tel jeu, à telle frivolité, à telle danse, pourvu que, dès que les araignées spirituelles seront entrées dans notre ame, nous les en chassions aussitôt, comme les abeilles s'efforcent de chasser les araignées corporelles; mais si nous les laissons s'arrêter dans notre cœur, et non-seulement cela, si nous nous plaisons à les y retenir et à les y multiplier, bientôt nous verrons notre miel perdu, et la ruche de notre conscience empestée et détruite. Or, je le dis encore une fois, ce ne sera jamais une ame généreuse qui se plaira ainsi à déplaire à son Dieu, et qui mettra son affection à ce qu'elle sait lui être désagréable.

“from the French of St. Francis de Sales, to which is prefixed an abstract of his life”, New York and Ratisbon: Frederick Pustet & Co., [192-]. Digital text: Internet Archive scan introductiontode00franuoft (University of Toronto), read with three OCR engines and corrected; a few misreadings may remain. Original text: Project Gutenberg eBook #53540 (Distributed Proofreaders, from a Google Books scan). Public domain in the US and Canada: an anonymous translation printed in the 1920s from an older version; the French edition is of 1832.

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