Introduction to the Devout LifeChapter XII. Of spiritual recollection

St Francis de Sales († 1622) · Introduction à la vie dévote · 1609

Chapter XII. Of spiritual recollection

One is to this point, my dear Philothea, that I wish to draw your particular attention, since in it consists one of the most assured means of your spiritual advancement.

Recollect as often as you can, in the course of the day, by any of the four ways I have marked out for you, that you stand in the presence of God; observe what he does, and what you are doing, and you shall find his eyes perpetually fixed upon you with an inconceivable love. ‘Then say to him: “O my God! why do I not turn my eyes towards thee, as thou always lookest on me? Why dost thou think incessantly on me, O my Lord? and why do I so seldom think on thee? Where are we, O my soul? Our true place of rest is God, and where do we find ourselves?”

As birds have their nests on trees, to which they occasionally retire, and the deer, bushes and thickets, in which they conceal themselves and enjoy the cool shade in the heat of summer, so shall we, Philothea, choose some place every day, either on Mount Calvary, or in the wounds of our Lord, or in some other place near him, as a retreat to which we may occasionally retire to refresh and recreate ourselves amidst our exterior occupations; and there, as in a stronghold, defend ourselves against temptations. Blessed is he that can say with truth to our Lord: “Thou art my place of strength and my refuge, my defence from storms, and my shadow from the heat.” — Ps. lxx. 3; Isai. xxv. 4.

Remember then, Philothea, to retire occasionally into the solitude of your heart while you are outwardly engaged in business or conversation. This mental solitude cannot be prevented by the multitude of those who surround you; for, as they are not about your heart, but your body, your heart may remain in the presence of God alone. This was the exercise which the holy King David practised amidst his various occupations, as he testifies in the following, as well as in several other places of his psalms: “O Lord! as for me, I am always with thee. I beheld the Lord always before me. I have lifted up my eyes to thee, O my God! who dwellest in heaven. My eyes are always toward God.” And indeed our occupations are seldom so serious as to prevent us from withdrawing our heart occasionally from them, in order to retire into this divine solitude.

When the parents of St. Catharine of Sienna had deprived her of the opportunity of a place, and of leisure to pray and meditate, our Lord directed her, by his inspirations, to make a little interior oratory within her soul, into which, retiring mentally, she might, amidst her exterior occupations, enjoy this holy spiritual solitude; and when the world afterwards assaulted her, she received no inconvenience from it, because, as she said, she had shut herself up in her interior closet, where she comforted herself with her heavenly Spouse. From her own experience of the utility of this exercise, she afterwards counselled her spiritual children to practise it.

Withdraw, then, your thoughts, from time to time, into your heart, where, “separated from all men, you may familiarly treat with God on the affairs of your soul. Say with David: “I watched and am become like a pelican of the wilderness. I am like a night raven in the house. I have watched, and am become as a sparrow, all alone on the house-top.”— Ps. el. These words not only inform us that this great king spent some solitary hours in the contemplation of spiritual things, but they also point out, in a mystical sense, three excellent retreats or hermitages, in which we may imitate the solitude of our Saviour, who on Mount Calvary was likened to the pelican of the wilderness, which nourishes and gives life to her young ones with her own blood; in his nativity, in a desolate stable, to the night raven in a ruinous building, mourning and weeping for our offences and sins; and, at his accession, to the sparrow flying up to heaven, which is, as it were, the house-top of the world. In these three solitudes we may make our spiritual retreats, even amidst the turmoils of our exterior employments. Blessed Elzear, Count of Arian in Provence, having been long absent from his devout and chaste Delphina, she sent an express to him to inquire after his health, by whom he returned this answer: “I am very well, my dear spouse; but if you desire to see me, seek me in the wound of the side of our sweet Saviour; for, as it is there only that I dwell, it is there that you shall find me; if you seek me elsewhere, you will search in vain.” This was a Christian nobleman indeed.

C'est ici, chère Philothée, que je vous désire une grande ardeur à suivre mon conseil; car il s'agit de l'un des plus grands moyens qui existent pour s'avancer dans la vie spirituelle.

Ce moyen consiste à se remettre le plus souvent possible en la sainte présence de Dieu, par l'une des quatre méthodes que je vous ai indiquées. Regardez ce que Dieu fait, et ce que vous faites, vous verrez ses yeux tournés de votre côté, et perpétuellement fixés sur vous par un amour incomparable: O Dieu! direz-vous alors, pourquoi ne vous regardé-je pas toujours, comme toujours vous me regardez? Pourquoi pensez-vous tant à moi, mon Seigneur! et pourquoi pense-je si peu à vous? O mon ame! où sommes-nous? Notre vraie place est en Dieu, et où nous trouvons-nous?

Comme les oiseaux ont des nids sur les arbres pour s'y retirer quand ils en ont besoin; et comme les cerfs ont leurs buissons et leurs forts pour s'y mettre à l'abri des ardeurs de l'été; de même, Philothée, nos cœurs doivent choisir chaque jour quelque place, soit sur le mont Calvaire, soit dans les plaies de Notre-Seigneur, soit dans quelqu'autre lieu près de lui, pour s'y retirer en toute rencontre et s'y faire comme un fort et un buisson où ils puissent se reposer des affaires extérieures, et se mettre à l'abri des tentations. Bienheureuse sera l'ame qui pourra dire ainsi en vérité à Notre-Seigneur: Vous êtes ma maison de refuge, mon rempart contre mes ennemis, mon toit contre la pluie et mon ombre contre la chaleur.

Souvenez-vous donc, Philotée, de faire tous les jours quelques petites retraites dans la solitude de votre cœur, pendant que vous êtes extérieurement au milieu des conversations et des affaires. Cette solitude mentale ne peut nullement être empêchée par ceux qui vous environnent: car ils ne sont pas autour de votre cœur, mais bien autour de votre corps; et ainsi, quel que soit leur nombre, votre cœur n'en est pas moins seul en présence de Dieu seul. C'est à cela que s'exerçoit le roi David parmi toutes ses occupations, et nous en voyons mille traits dans ses psaumes; comme quand il dit: O Seigneur! je suis toujours avec vous: je vous vois toujours devant moi. J'ai levé les yeux vers vous, ô mon Dieu! qui habitez le Ciel. Mes yeux sont toujours tournés vers Dieu.

Et en effet les conversations ne sont pas ordinairement si sérieuses, qu'on ne puisse de temps en temps en retirer son cœur, pour le remettre en cette divine solitude.

Les père et mère de sainte Catherine de Sienne lui ayant ôté toute facilité de prier et de méditer, soit pour le temps, soit pour le lieu, Notre-Seigneur lui inspira de se faire intérieurement un petit oratoire spirituel, où, se retirant à loisir, elle pût vaquer à la sainte solitude du cœur, même au milieu des affaires sans nombre qui l'occupoient à l'extérieur; et depuis, quand le monde l'attaquoit, elle n'en recevoit aucun trouble, parce que, disoit-elle, elle s'enfermoit dans son cabinet intérieur, et s'y consoloit en la compagnie de son divin Maître. Aussi dès lors elle ne conseilloit rien tant à ses compagnes que de se faire ainsi une petite cellule dans le cœur, et de s'y enfermer avec Jésus.

Retirez-vous donc quelquefois en vous-même, Philothée; et là, séparée du monde, traitez cœur à cœur avec Dieu des intérêts de votre ame, disant comme David: J'ai veillé, et j'ai été semblable au pélican du désert. J'ai été comme le hibou dans les masures, et comme le passereau solitaire sur le toit des maisons. Ces paroles, dans leur sens littéral, nous montrent que ce grand roi prenoit tous les jours quelques heures pour méditer en silence les choses spirituelles. Mais dans leur sens mystique ces mêmes paroles nous découvrent trois excellentes retraites, et comme trois ermitages, où nous pouvons imiter et suivre Notre-Seigneur dans ses différentes solitudes. Sur le mont Calvaire, il fut comme le pélican du désert, qui de son propre sang ravive ses petits poussins; dans l'étable de Bethléem, où il prit naissance, il fut comme le hibou dans une masure pleurant et gémissant sur nos péchés; enfin, au jour de son ascension, il fut comme le passereau solitaire, se retirant et s'envolant au Ciel, qui est comme le toit du monde. Ces trois lieux peuvent très-bien nous servir de retraite, quel que soit d'ailleurs le tracas des affaires. Le bienheureux Elzéar, comte d'Arian en Provence, étant depuis long-temps absent, son épouse, la pieuse et chaste Delphine, lui envoya un courrier exprès pour avoir des nouvelles de sa santé: Je me porte bien, lui répondit ce saint homme; et si vous voulez me voir, cherchez-moi dans la plaie du côté de notre doux Jésus: car c'est là que j'habite et que vous me trouverez: partout ailleurs vous me chercheriez en vain. C'étoit un chevalier chrétien, celui-là!

“from the French of St. Francis de Sales, to which is prefixed an abstract of his life”, New York and Ratisbon: Frederick Pustet & Co., [192-]. Digital text: Internet Archive scan introductiontode00franuoft (University of Toronto), read with three OCR engines and corrected; a few misreadings may remain. Original text: Project Gutenberg eBook #53540 (Distributed Proofreaders, from a Google Books scan). Public domain in the US and Canada: an anonymous translation printed in the 1920s from an older version; the French edition is of 1832.

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