Introduction to the Devout LifeChapter VIII. Certain profitable advices on the subject of meditation

St Francis de Sales († 1622) · Introduction à la vie dévote · 1609

Chapter VIII. Certain profitable advices on the subject of meditation

Above all things, Philothea, when you rise from meditation, remember the resolutions you have taken, and, as the occasion offers, carefully reduce them to practice that very day. This is the great fruit of meditation, without which it is not only unprofitable, but frequently hurtful; for virtues meditated upon, and not practised, often puff up the spirit, and make us imagine that we really are such as we resolve to be, which doubtless is true, when our resolutions are lively and solid; now they are not so, but, on the contrary, vain and dangerous when they are not reduced to practice. We must, therefore, by all means, seek every occasion, little or great, of putting them in execution. For example: if I have resolved by mildness to gain the hearts of such as offend me, I will seek “this very day an opportunity to meet them, and salute them kindly; or, if I should not meet them, at least to speak well of them, and pray to God in their behalf.

After prayer, be careful not to agitate your heart, lest you spill the precious balm it has received. My meaning is, that you must, for some time, if possible, remain in silence, and gently remove your heart from prayer to your other employments; retaining, as long as you can, a feeling of the affections which you have conceived. A man who has received some precious liquor in a vase of porcelain, in carrying it home walks gently, not looking aside, but generally before him, for fear of stumbling, and sometimes upon his dish, for fear of spilling the liquor. Thus ought you to act when you finish your meditation; suffer nothing to distract you, but look forward with caution; or, to speak more plainly, should you meet with any one with whom you are obliged to enter into conversation, there is no other remedy but to watch over your heart, that as little of the liquor of holy prayer as possible may be spilt on the occasion.

You must even accustom yourself to know how to pass from prayer to those occupations which your state of life lawfully requires, though ever so foreign from the affections which you have received in prayer. Thus the lawyer must learn to pass from prayer to pleading; the merchant, to commerce; and the married woman, to the care of her family, with so much ease and tranquillity that their minds may not be disturbed; for, since prayer and the duties of your state of life are both in conformity with the will of God, you must learn to pass from the one to the other in the spirit of humility and devotion.

You must also know that it may sometimes happen that immediately after the preparation, you will feel your affections moved towards God. In this case, Philothea, you must yield to the attraction, and cease to follow the method I have before given; for, although, generally speaking, consideration precedes affections and resolutions, yet when the Holy Ghost gives you the latter before the former, you must not then seek the former, since it is used for no other purpose than to excite the latter. In a word, whenever affections present themselves, we must expand our hearts to make room for them, whether they come before or after considerations; and, although I have placed them after the considerations, I have done so merely to distinguish more plainly the parts of prayer, for otherwise it is a general rule never to restrain the affections, but to let them have their free course whenever they present themselves. This must be observed even with respect to thanksgiving, oblation, and petition, which may likewise be used in the midst of the considerations, for they must be restrained no more than the other affections; though afterwards, for the conclusion of the meditation, they must be repeated. But as for resolutions, they are always to be made after the affections, and immediately before the conclusion of the whole meditation; because, as in these we represent to ourselves particular and familiar objects, they would put us in danger of distractions should we mingle them with our affections.

While we are forming our affections and resolutions it is advisable to use colloquies, and to speak, sometimes to our Lord, sometimes to the angels and the persons represented in the mysteries; to the saints, to ourselves, to our own heart, to sinners, and even to insensible creatures; after the example of David in his psalms, and of other saints in their prayers and meditations.

Il faut surtout, Philothée, qu'au sortir de votre oraison, vous reteniez les résolutions que vous avez prises, afin de les pratiquer soigneusement à l'occasion dans le cours de la journée. Rappelez-vous que le grand fruit de la méditation, est de nous faire produire des actes de vertus; sans cela cet exercice devient inutile et souvent même dangereux. La considération spéculative des vertus, séparée de la pratique, peut nous enfler l'esprit et le cœur au point de nous faire croire que nous sommes tels que nous avons résolu d'être, mais nous ne sommes tels en effet que lorsque nos résolutions sont fortes et efficaces. Toutes les fois qu'elles sont foibles, elles sont vaines, et parce qu'elles sont sans effet, elles sont dangereuses. Il faut donc par tous les moyens possibles s'efforcer de les pratiquer, et à en rechercher les occasions, grandes ou petites. Par exemple, si j'ai résolu de gagner par douceur l'esprit de ceux qui m'offensent, je chercherai ce jour-là à les rencontrer, afin de pouvoir les saluer gracieusement; que si je ne puis les rencontrer, je tâcherai au moins d'en dire tout le bien possible, et je prierai Dieu en leur faveur.

Au sortir de l'oraison, il faut prendre garde de ne point donner de secousse à votre cœur, car vous épancheriez le baume que vous avez reçu dans l'oraison; je veux dire qu'il faut garder, s'il est possible, encore un peu de silence, et remuer tout doucement votre cœur, pour le faire passer de l'oraison aux affaires, conservant, tant que vous pourrez, les sentimens et les affections que vous avez conçus. Un homme qui auroit reçu dans un beau vase de porcelaine quelque liqueur de grand prix pour l'apporter dans sa maison, marcheroit tout doucement, ne regardant ni à droite, ni à gauche, mais tantôt devant soi, de peur de heurter à quelque pierre et de faire un faux pas, tantôt à son vase, pour voir s'il ne penche pas trop; vous devez en faire de même au sortir de la méditation: ne pas vous distraire tout-à-coup, mais regarder simplement devant vous. Que si vous rencontrez quelqu'un que vous soyez obligée d'entretenir ou d'entendre, il n'y a remède, il faut bien en passer par là; mais alors faites-le de telle sorte, que vous regardiez aussi à votre cœur, afin que la liqueur de la sainte oraison ne s'épanche que le moins possible.

Il faut même que vous vous accoutumiez à passer de l'oraison à tous les devoirs que votre vocation et votre état exigent de vous, quoiqu'ils paroissent fort éloignés des affections que vous aurez reçues dans l'oraison. Ainsi, un avocat doit savoir passer de l'oraison à la plaidoirie, un marchand à son commerce, une femme mariée au devoir de son mariage et au tracas de la maison; et tout cela avec tant de douceur et de tranquillité, que l'esprit n'en soit aucunement troublé; car, puisque l'un et l'autre sont également de la volonté de Dieu, il faut passer de l'un à l'autre avec un grand esprit d'humilité et de dévotion.

Sachez encore qu'il vous arrivera quelquefois, qu'aussitôt après la préparation, votre affection se trouvera tout émue en Dieu: alors, Philothée, il lui faut lâcher la bride, sans vouloir suivre la méthode que je vous ai donnée; car, bien que pour l'ordinaire la considération doive précéder les affections et les résolutions, s'il arrive cependant que le Saint-Esprit vous donne les affections avant les considérations, vous ne devez pas rechercher les considérations, puisque celles-ci ne sont faites que pour émouvoir les affections. Ainsi, toujours quand les affections se présenteront à vous, il faut les recevoir, et leur faire place, soit qu'elles précèdent, soit qu'elles suivent les considérations; et quoique j'aie mis les affections après toutes les considérations, je ne l'ai fait que pour mieux distinguer les parties de l'oraison; car du reste, c'est une règle générale qu'il ne faut jamais retenir les affections, mais leur donner un libre cours sitôt qu'elles se présentent. Ce que je dis là pour les affections, je le dis aussi pour l'action de grâces, l'offrande et la prière, qui peuvent se faire parmi les considérations, lorsqu'on s'y sent porté; car il ne faut pas plus les retenir que les autres affections, sauf après à les reprendre et à les répéter pour terminer la méditation. Quant aux résolutions, c'est après les affections qu'il les faut faire et avant la conclusion. Car, ayant besoin pour cela de nous représenter des objets particuliers et familiers, ce seroit ouvrir la voie aux distractions, que de prendre des résolutions dans le temps consacré aux affections.

Pour les affections et les résolutions dont je viens de parler, il est bon de les faire en forme de colloque, adressant la parole tantôt à Notre-Seigneur, tantôt aux anges, ou aux personnes qui ont eu part au mystère médité, aux saints, à soi-même, à son propre cœur, aux pécheurs, et même aux créatures insensibles, comme l'on voit que David fait dans ses psaumes, et d'autres saints dans leurs méditations et leurs prières.

“from the French of St. Francis de Sales, to which is prefixed an abstract of his life”, New York and Ratisbon: Frederick Pustet & Co., [192-]. Digital text: Internet Archive scan introductiontode00franuoft (University of Toronto), read with three OCR engines and corrected; a few misreadings may remain. Original text: Project Gutenberg eBook #53540 (Distributed Proofreaders, from a Google Books scan). Public domain in the US and Canada: an anonymous translation printed in the 1920s from an older version; the French edition is of 1832.

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