Introduction to the Devout LifeChapter XXVII. Of modesty in our words, and the respect we owe to persons

St Francis de Sales († 1622) · Introduction à la vie dévote · 1609

Chapter XXVII. Of modesty in our words, and the respect we owe to persons

If any offend not in words,” says St. James, iii. “he is a perfect man.” Be careful never to permit an indecent word to escape from your lips; for, although you do not speak it with an ill intention, yet it may be hurtful to those that hear it. An evil word falling into a weak heart spreads itself like a drop of oil falling on linen; nay, it sometimes seizes on the heart in such a manner as to fill it with a thousand unclean thoughts and temptations to lust; for, as the poison of the body enters by the mouth, so the poison of the heart enters by the ear, and the tongue which utters an indecent word is a murderer. For, although perhaps the poison, which it has cast forth, has not produced its effect, because it found the hearts of the hearers guarded by some preservative, yet there wanted no malice in the tongue to occasion their death. Let no man, therefore, tell me that he has no evil intention; for our Lord, the Searcher of hearts, has said, “That out of the abundance of the heart, the mouth speaketh.” But if we intend no evil on such occasions, yet the enemy, who is of a contrary opinion, secretly uses immodest words to pierce the heart of some one. As they that have eaten the herb angelica have always a sweet and agreeable breath, so they that have honesty and chastity, which is an angelical virtue, in their hearts, have their words always modest and chaste. As for indecent and obscene things the apostle will not have them even named amongst us; assuring us, “that nothing so much corrupteth good manners as wicked discourse.”

When immodest words are disguised with affectation and subtility, then they become infinitely more poisonous; for, the more pointed the dart is, the more easily it enters our bodies; so, also, the more pointed an obscene word is, the more deeply does it penetrate the heart; and if they who esteem themselves men of gallantry for speaking such words were convinced that in conversation they should be like a swarm of bees, convened together to collect honey from some sweet and virtuous entertainment, they certainly would not thus imitate a nest of wasps, assembled together to suck corruption. If some impudent person should address you in a lascivious manner, convince him that your ears are offended, either by turning yourself immediately away, or by such other mark of resentment as your discretion may direct.

To become a scoffer is one of the worst qualities of a wit. God, who detests this vice, has heretofore inflicted remarkable punishments on its perpetrators. Nothing is so opposite to charity or devotion as despising and contemning our neighbor. As derision and mockery is never without scoffing, therefore divines consider it is one of the worst offences of which a man can be guilty against his neighbor, by words; for other offences may be committed with some esteem of the party offended, but by this he is treated with scorn and contempt.

As for certain good-humored jesting words, spoken by way of modest and innocent mirth, they belong to the virtue called Eutrapelia by the Greeks, which we may denominate good conversation; and by these we take an honest and friendly recreation from those frivolous occasions with which human imperfections furnish us. We must be careful, however, not to pass from honest mirth to scoffing; for scoffing excites laughter in the way of scorn and contempt of our neighbor; whereas innocent mirth and drollery cause “laughter by an unoffending liberty, confidence, and familiar freedom, joined to the sprightly wit of some ingenious conceit. St. Lewis, when the religious offered to speak to him, after dinner, of high and sublime matters, told them: “It is not now a time to allege texts, but to recreate ourselves with some cheerful conceits; let every man say whatever innocent thing comes to his mind;” this he said when any of the nobility were present, to receive marks of kindness from his majesty. But let us remember, Philothea, to pass our time of recreation in such a manner that we may never lose sight of the greatest of all concerns, Eternity.

Si quelqu'un ne pèche point en paroles, dit l'apôtre saint Jacques, il est un homme parfait. Gardez-vous soigneusement de toute parole déshonnête; car encore que vous ne les disiez pas avec mauvaise intention, toujours est-il que ceux qui les entendent peuvent les prendre d'une autre manière. La parole déshonnête tombant dans un cœur foible, s'étend et se dilate comme une goutte d'huile sur du drap; et quelquefois elle saisit tellement le cœur, qu'elle le remplit de mille pensées et tentations coupables. Car si le poison du corps entre par la bouche, le poison du cœur entre par l'oreille; et la langue qui le produit est vraiment meurtrière, puisque bien qu'à l'aventure le venin qu'elle a jeté n'ait pas produit son effet, à cause du contre-poison qui se sera trouvé dans les cœurs, toujours est-il qu'il n'a pas tenu à sa malice qu'elle ne les ait fait mourir. Et qu'on ne dise pas qu'on n'y a pas pensé; car Notre-Seigneur, qui connoît les pensées, a dit, que la bouche parle de l'abondance du cœur. Et si nous n'y pensons pas mal, le démon néanmoins y en pense beaucoup, et se sert toujours secrètement de ces mauvais mots pour en transpercer le cœur de quelqu'un. On dit que ceux qui ont mangé de l'herbe qu'on nomme angélique ont toujours l'haleine douce et agréable; et ceux qui ont bien dans le cœur l'honnêteté et la chasteté, qui est par excellence la vertu angélique, ont toujours à la bouche des paroles pures, chastes et honnêtes. Quant aux choses grossières et folles, l'Apôtre ne veut pas seulement qu'on les nomme, nous assurant que rien ne corrompt tant les bonnes mœurs que les mauvais discours.

Que si ces paroles déshonnêtes sont dites à couvert, avec finesse et subtilité, elles sont encore infiniment plus dangereuses; car, comme plus un dard est pointu, plus il entre aisément dans nos corps, de même plus un mauvais mot est aigu, plus il pénètre dans nos cœurs; et ceux qui pensent être fort aimables en disant de telles paroles en compagnie, ne savent pas pourquoi les compagnies sont faites; car elles doivent être comme des essaims d'abeilles réunies pour faire le miel de quelque doux et vertueux entretien, et non comme un tas de guêpes attachées à quelque pourriture. Si donc quelque fat vient vous dire des paroles messéantes, témoignez que vos oreilles en sont offensées, soit en vous détournant, soit en usant de quelqu'autre moyen, selon que la prudence vous le suggérera.

C'est une des plus mauvaises qualités qu'un esprit puisse avoir que d'être moqueur. Dieu hait extrêmement ce vice et en a fait autrefois des châtimens exemplaires. Rien n'est si contraire à la charité, et encore plus à la dévotion, que le mépris du prochain; or, la dérision et la moquerie n'ont jamais lieu sans ce mépris. Aussi est-ce un fort grand péché; et les docteurs ont raison de dire que la moquerie est la plus grande offense que l'on puisse faire au prochain en paroles, parce que les autres offenses n'empêchent pas toujours d'estimer celui qui est offensé, tandis que celle-ci est toujours accompagnée de dédain et de mépris.

Quant aux jeux de paroles qui se font entre honnêtes gens avec une gaîté douce et modeste, ils appartiennent à la vertu que les Grecs appellent eutrapélie, et que nous pouvons nommer bonne conversation: c'est une manière aimable de se récréer à l'occasion des travers et des petites imperfections humaines dont personne n'est exempt. Il se faut garder seulement de passer de la plaisanterie à la moquerie; car la moquerie provoque à rire par mépris du prochain, au lieu que la plaisanterie provoque à rire par la liberté, l'enjoûment et la franchise de cœur, joints à la gentillesse de quelques mots. Il est rapporté de saint Louis, que, quand les religieux qu'il avoit à sa cour vouloient parler de choses sérieuses après dîner, Ce n'est pas le moment, leur disoit-il, de raisonner de la sorte, mais bien de se récréer de quelques bons mots: que chacun dise donc librement et honnêtement ce qu'il voudra. Et en cela il vouloit donner occasion à la noblesse qui étoit autour de lui de recevoir quelque marque de sa bonté. Du reste, Philothée, passons tellement le temps par récréation, que nous nous assurions toujours la sainte éternité par dévotion.

“from the French of St. Francis de Sales, to which is prefixed an abstract of his life”, New York and Ratisbon: Frederick Pustet & Co., [192-]. Digital text: Internet Archive scan introductiontode00franuoft (University of Toronto), read with three OCR engines and corrected; a few misreadings may remain. Original text: Project Gutenberg eBook #53540 (Distributed Proofreaders, from a Google Books scan). Public domain in the US and Canada: an anonymous translation printed in the 1920s from an older version; the French edition is of 1832.

Save for later

Enter your email and we will send you a sign-in link. No password. What you save (articles, verses, chapters, documents) follows you to any device.