Introduction to the Devout LifeChapter XXX. Other advices with respect to conversation

St Francis de Sales († 1622) · Introduction à la vie dévote · 1609

Chapter XXX. Other advices with respect to conversation

Let your language be meek, open, «and sincere,

S without the least mixture of equivocations, artifice, or dissimulation; for although it may not be always advisable to say all that is true, yet it is never allowable to speak against the truth. Accustom yourself, therefore, never to tell a deliberate lie, either by way of excuse or otherwise; remembering always that God is the God of truth. Should you tell a lie inadvertently, fail not to correct it upon the spot by some explanation or reparation; an honest excuse has always more grace and force to bear one off harmless than a lie.

Though one may sometimes prudently disguise the truth by some equivocation, yet it must never be done but when the glory and service of God manifestly require it; in any other case, such artifices are dangerous. The Holy Spirit dwells not in a deceitful soul. (Wisd. 1.) No artifice is so good and desirable as plain-dealing: worldly prudence and artifice belong to the children of the world; but the children of God walk uprightly, and their heart is without guile. “He that walketh sincerely,” says the wise man, Prov. x. 9, “walketh confidently.” Lying, double-dealing, and dissimulation, are always signs of a weak and mean spirit. St. Austin had said, in the fourth book of his Confessions, that his soul and that of his friend were but one soul; and that he had a horror for his life after the death of his friend, because he was not willing to live by halves; and yet that for the same reason he was unwilling to die, lest his friend should die wholly. These words seemed to him afterwards so artful and affected, that he recalled them, and censured them in his book of Retractations. Observe, Philothea, the exactness of this holy soul with respect to the least artifice in his words. Fidelity, plainness, and sincerity of speech are the greatest ornaments of a Christian life: “I will take heed,” says holy David, “to my ways, that I may not sin with my tongue. Set a watch, O Lord, before my mouth, and a door round about my lips.” It was the advice of St. Lewis, in order to avoid contention, not to contradict any one in discourse, unless it were either sinful, or very prejudicial to acquiesce to him. But should it be necessary to contradict any one, or oppose our own opinion to his, we must do it with much mildness and dexterity, so as not to irritate his temper; for nothing is ever gained by harshness and violence.

To speak little, a practice so much recommended by all wise men, does not consist in uttering few words, but in uttering none that are unprofitable; for in point of speaking one is not to regard the quantity so much as the quality of the words; but in my opinion we ought to avoid both extremes. For to be too reserved, and refuse to join in conversation, looks like disdain, or a want of confidence; and, on the other hand, to be always talking, so as to afford neither leisure nor opportunity to others to speak when they wish, is a mark of shallowness and levity.

St. Lewis condemned whispering in company, and particularly at table, lest it should give others occasion to suspect that some evil was spoken of them. “He that is at table,” said he, “in good company, and has something to say that is merry and pleasant, should mention it so that all the company may hear him; but if it be a thing of importance, let him reserve it for a more suitable occasion.”

Que votre langage soit doux, franc, sincère, rond, naïf et fidèle. Gardez-vous des duplicités et des ruses; car, bien qu'il ne soit pas bon de dire toujours toutes espèces de vérités, encore ne faut-il jamais parler contre la vérité: accoutumez-vous à ne jamais mentir sciemment, soit pour vous excuser, soit autrement, vous ressouvenant que Dieu est le Dieu de vérité. Que si vous mentez par mégarde, et que vous puissiez de suite réparer votre faute par quelque explication, n'y manquez pas; une excuse véritable a bien plus de grâce et de force pour excuser, qu'un mensonge.

Bien que l'on puisse quelquefois avec prudence et discrétion déguiser et couvrir la vérité par quelque artifice de paroles, encore ne faut-il pratiquer cela que dans les choses importantes, et quand la gloire et le service de Dieu le requièrent évidemment; hors de là les artifices sont dangereux: car, comme dit l'Ecriture-Sainte, le Saint-Esprit n'habite pas dans un cœur dissimulé et double. Il n'y a point de meilleure et de plus désirable finesse que la simplicité. La prudence mondaine et les artifices de la chair appartiennent aux enfans du siècle; mais les enfans de Dieu cheminent sans détour, et ont le cœur sans replis: Qui marche simplement, dit le Sage, marche sûrement; le mensonge, la duplicité et la feinte annoncent toujours un esprit foible et vil.

Saint Augustin avoit dit, au quatrième livre de ses Confessions, que son ame et celle de son ami n'étoient qu'une seule ame, et que la vie lui étoit en horreur depuis la mort de son ami, parce qu'il ne vouloit pas vivre à moitié, et que cependant pour cela même il craignoit de mourir, de peur que son ami ne mourût tout entier. Ces paroles lui semblèrent dans la suite trop recherchées et affectées, si bien qu'il les révoqua au livre de ses Rétractations, et les appela une ineptie. Voyez-vous, Philothée, combien cette sainte et belle ame est sensible à l'afféterie des paroles! Certes, c'est un grand ornement de la vie chrétienne, que la fidélité, la rondeur et la sincérité du langage: Je l'ai résolu, disoit David, je prendrai garde à mes voies, pour ne point pêcher par ma langue. Eh! Seigneur, mettez une garde à ma bouche, et une porte de circonspection à mes lèvres.

C'est un principe du roi saint Louis, qu'il ne faut jamais contredire personne, à moins qu'il n'y ait péché ou quelque grand dommage à être du même avis. C'est le moyen d'éviter une foule de contestations et de disputes. Or, quand il importe de contredire les autres et d'opposer son opinion à la leur, il faut user d'une grande douceur et précaution, sans vouloir aucunement violenter leur esprit; car aussi-bien ne gagne-t-on rien à prendre les choses âprement.

La règle de parler peu, si recommandée par les anciens sages, ne se prend pas en ce sens qu'il faille dire peu de paroles, mais qu'il n'en faut pas dire beaucoup d'inutiles; car, pour ce qui est des paroles, on ne regarde pas à la quantité, mais à la qualité; et il me semble qu'il faut ici éviter deux excès: le premier est de faire trop l'entendu et le sévère, refusant de contribuer aux propos familiers qui se tiennent en la conversation, parce qu'il semble alors qu'il y ait manque de confiance, ou quelque sorte de mépris; le second est de plaisanter et de babiller toujours, sans laisser aux autres ni le temps ni le moyen de dire ce qu'ils veulent, parce que cela sent un esprit éventé et léger.

Saint Louis n'aimoit pas qu'étant en compagnie on parlât en secret et en conseil, surtout à table, parce que cela faisoit supposer qu'on parloit mal des autres: Celui, disoit-il, qui est à table en bonne compagnie, et qui a quelque plaisanterie à dire, la doit dire pour tout le monde; que si c'est une chose peu importante, il la doit taire, et n'en parler à personne.

“from the French of St. Francis de Sales, to which is prefixed an abstract of his life”, New York and Ratisbon: Frederick Pustet & Co., [192-]. Digital text: Internet Archive scan introductiontode00franuoft (University of Toronto), read with three OCR engines and corrected; a few misreadings may remain. Original text: Project Gutenberg eBook #53540 (Distributed Proofreaders, from a Google Books scan). Public domain in the US and Canada: an anonymous translation printed in the 1920s from an older version; the French edition is of 1832.

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