Introduction to the Devout LifeChapter XII. Of sadness

St Francis de Sales († 1622) · Introduction à la vie dévote · 1609

Chapter XII. Of sadness

The sadness that is according to God,” says St. “AS Paul, “worketh penance steadfast unto salvation,” 2 Cor. vii.;) “but the sadness of the world worketh death.” Sadness, then, may be good or evil, according to its different effects. It is true it produces more evil effects than good, for it has only two that are good, compassion and repentance; but it has six that are evil, viz., anxiety, sloth, indignation, jealousy, envy, and impatience, which caused the wise man to say, “sadness kills many, and there is no profit in it,” Ecclus. xxx. 25; because, for two good streams which flow from the source of sadness, there are six very evil.

The enemy makes use of sadness and temptation against the just; for, as he endeavors to make the wicked to rejoice in their sins, so he strives to make the good grieve in their good works; and as he cannot procure the commission of evils but by making it appear agreeable, so he cannot divert us from good but by making it appear disagreeable. The prince of darkness is pleased with sadness and melancholy, because he is and will be sad and melancholy to all eternity; therefore he desires that every one should be like himself.

The sadness which is evil troubles and perplexes the soul, excites inordinate fears, creates a disgust for prayer, stupefies and oppresses the brain, deprives the mind of counsel, resolution, judgment, and courage, and destroys her strength. In a word, it is like a severe winter, which demolishes all the beauty of the country, and devours every living creature; for it takes away all sweetness from the soul, and renders her disabled in all her faculties. If you should at any time be seized with the evil of sadness, Philothea, apply the following remedies.

“Is any one sad,” says St. James v. 13, “let him pray.” Prayer is a sovereign remedy, for it lifts up the soul to God, our only joy and consolation. But, in praying, let your words and affections, whether interior or exterior, always tend to a lively confidence in the divine goodness, such as, “O God of mercy! O infinite goodness! O my sweet Saviour! O God of my heart, my joy and my hope! O my divine Spouse, the well-beloved of my soul!” etc.

Oppose vigorously the least inclination to sadness, and, although it may seem that all your actions are at that time performed with tepidity and sloth, you must, nevertheless, persevere; for the enemy, who seeks by sadness to make us weary of good works, seeing that we cease not on that account to perform them, and that, being performed in spite of his opposition, they become more meritorious, will cease to trouble us any longer.

Sing spiritual canticles, for the devil by this means has often desisted from his operations: witness the evil spirit with which Saul was afflicted, whose violence was repressed by such music. It is also necessarily serviceable to employ ourselves in exterior works, and to vary them as much as possible, in order to divert the soul from the melancholy object, and to purify and warm the spirits, sadness being a passion of a cold and dry complexion.

Perform external actions of fervor, although you may perform them without the least relish; such as embracing the crucifix, clasping it to your breast, kissing the feet and the hands, lifting up your eyes and your hands to heaven, raising your voice to God by words of love and confidence like these: “My beloved is mine, and I am his. My beloved is to me a posy of myrrh, he shall dwell between my breasts. My eyes have fainted after thee, O my God!” Say also: “When wilt thou comfort me? O Jesus, be thou a Jesus to me! Live, sweet Jesus, and my soul shall live! Who shall ever separate me from the love of God?” etc.

The moderate use of the discipline is also good against sadness, because this voluntary exterior affliction begets interior consolation, and the soul, feeling pain without, diverts herself from the pains which are within. But frequently the holy communion is the best remedy, because this heavenly bread strengthens the heart, and rejoices the spirit.

Disclose to your confessor, with humility and sincerity, all the feelings, affections, and suggestions which proceed from your sadness. Seek the conversation of spiritual persons, and frequent their company as much as you can. In a word, resign yourself into the hands of God, preparing yourself to suffer this troublesome sadness with patience, as a just punishment of your vain joys; and doubt not but that God, after he has tried you, will deliver you from this evil.

La tristesse qui est selon Dieu, dit saint Paul, opère la pénitence pour le salut; et la tristesse du monde opère la mort. La tristesse peut donc être bonne et mauvaise, selon les divers effets qu'elle produit en nous. Il est vrai qu'elle en a plus de mauvais que de bons; car elle n'en a que deux bons, savoir, la miséricorde et la pénitence; au lieu qu'il y en a six mauvais, savoir, l'angoisse, la paresse, l'indignation, la jalousie, l'envie et l'impatience: ce qui fait dire au Sage, que la tristesse tue beaucoup de gens, et qu'il n'y a rien à gagner avec elle; parce que pour deux bons ruisseaux qui proviennent de la source de la tristesse, il y en a six qui sont très-mauvais.

L'ennemi se sert de la tristesse pour exercer la persévérance des bons; car, comme il tâche de réjouir les méchans en leur péché, aussi tâche-t-il d'attrister les bons en leurs bonnes œuvres; et comme il ne peut attirer au mal qu'en le faisant trouver agréable, aussi ne peut-il détourner du bien qu'en le faisant trouver ennuyeux. Le démon ne demande que tristesse et que mélancolie, et comme il est lui-même triste et mélancolique, et qu'il le sera éternellement, il voudroit que chacun fût comme lui.

La mauvaise tristesse trouble l'ame, la met en inquiétude, lui donne des craintes déréglées, la dégoûte de l'oraison; elle assoupit et accable le cerveau; elle prive l'ame de conseil, de résolution, de jugement et de courage, et abat entièrement les forces. Bref, elle est comme un dur hiver qui efface toute la beauté de la terre, et engourdit tous les animaux; car elle prive l'ame de toute consolation, et la frappe d'impuissance en toutes ses facultés.

Si jamais il vous arrivoit, Philothée, d'être atteinte de cette mauvaise tristesse, pratiquez les remèdes suivans. Quelqu'un est-il triste? dit saint Jacques, qu'il prie. La prière est un remède souverain, car elle élève l'esprit à Dieu, qui est notre unique joie et seule consolation; mais en priant, usez d'affections et de paroles, soit intérieures, soit extérieures, qui tendent à la confiance et à l'amour de Dieu, comme: ô Dieu de miséricorde! ô mon très-bon maître! mon doux Sauveur, ma vie, ma joie, mon espérance; ô le cher époux et le bien-aimé de mon ame! et autres semblables.

Combattez vivement les inclinations de la tristesse, et bien qu'il vous semble que tout ce que vous ferez en ce temps-là se fasse froidement, tristement et lâchement, ne laissez pourtant pas de le faire; car l'ennemi qui prétend nous dégoûter des bonnes œuvres par la tristesse, voyant que nous ne laissons pas de les faire, et qu'étant faites avec répugnance elles n'en valent que mieux, cessera de nous affliger.

Chantez des cantiques spirituels; car le démon a souvent cessé ses opérations par ce moyen: témoin le malin esprit qui tourmentoit Saül, et dont la violence fut réprimée par les doux accords de la harpe de David.

Il est bon de s'employer aux œuvres extérieures, et de les varier le plus que l'on peut, pour distraire l'ame du sujet qui l'attriste, et pour purifier et échauffer les esprits; car la tristesse est une passion de la complexion froide et sèche.

Faites des actions extérieures de ferveur, encore que vous les fassiez sans goût, embrassant l'image du crucifix, la serrant sur votre poitrine, lui baisant les pieds et les mains, levant vos mains et vos yeux au ciel, élançant votre voix vers Dieu par des paroles d'amour et de confiance, comme sont celles-ci: Mon bien-aimé est à moi, et je suis à lui; mon bien-aimé est comme un bouquet de myrrhe sur mon cœur; mes yeux s'épuisent à vous regarder, ô mon Dieu! je ne cesse de dire: Quand me consolerez-vous? O Jésus! soyez-moi Jésus, vive Jésus! et mon ame vivra. Qui me séparera de l'amour de mon Dieu? et autres choses semblables.

L'usage modéré de la discipline est un bon remède contre la tristesse, parce que cette peine extérieure, prise volontairement, obtient la consolation intérieure, et l'ame, sentant les douleurs du dehors, ne pense plus à celles qui sont au dedans. La fréquente communion est aussi un moyen excellent; car ce pain céleste affermit le cœur et réjouit l'esprit.

Découvrez humblement et fidèlement à votre directeur tous les ressentimens et toutes les suggestions qui vous viennent de la tristesse; recherchez la société des personnes gaies et spirituelles, et fréquentez-les le plus que vous pourrez pendant ce temps-là. Enfin remettez-vous entre les mains de Dieu, vous préparant à souffrir patiemment cette ennuyeuse tristesse comme une juste punition de vos vaines joies, et ne doutez nullement que Dieu, après vous avoir éprouvée, ne vous délivre de votre mal.

“from the French of St. Francis de Sales, to which is prefixed an abstract of his life”, New York and Ratisbon: Frederick Pustet & Co., [192-]. Digital text: Internet Archive scan introductiontode00franuoft (University of Toronto), read with three OCR engines and corrected; a few misreadings may remain. Original text: Project Gutenberg eBook #53540 (Distributed Proofreaders, from a Google Books scan). Public domain in the US and Canada: an anonymous translation printed in the 1920s from an older version; the French edition is of 1832.

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