AAS 42 (1950), p. 488

Même dans l'hypothèse de ces nouvelles industrialisations, le problème
demeure tout entier et la question se pose encore à leur sujet : contribuent
-elles, qui ou non, à la réintégration et à la sécurité de la saine
productivité de l'économie nationale? ou bien, ne font-elles que multiplier
encore le nombre des industries toujours à la merci de nouvelles crises?
Et puis, quel souci aura-t-on de consolider et de développer le marché intérieur,
rendu productif en raison de l'importance de la population et de
la multiplicité de ses besoins, là où le placement des capitaux n'est dirigé
que par l'appât d'avantages éphémères et là où une illusoire vanité de
prestige national détermine les décisions économiques?
On n'a que trop fait l'essai de production en masse, d'exploitation
jusqu'à l'épuisement de toutes les ressources du sol et du tréfonds; surtout,
on n'a que trop durement sacrifié à ces essais la population et l'économie
paysannes. Egalement aveugle est la confiance quasi-superstitieuse
dans le mécanisme du marché mondial pour équilibrer l'économie, et celle
dans un Etat-Providence chargé de procurer à chacun de ses ressortissants,
et dans toutes les circonstances de la vie, le droit à des exigences,
au bout du compte irréalisables.
Devant le devoir pressant, dans le domaine de l'économie sociale, de
proportionner la production à la consommation, sagement mesurée aux
besoins et à la dignité de l'homme, la question de l'ordonnance et de l'établissement
de cette économie sur le chapitre de la production se présente
aujourd'hui au premier plan. Il ne faut en demander la solution ni à la
théorie purement positiviste et fondée sur la critique néokantienne des
(dois du marché », ni au formalisme tout aussi artificiel de la « pleine occupation
». Voilà le problème sur lequel Nous voudrions voir théoriciens
et praticiens du mouvement catholique social concentrer leur attention et
faire converger leurs études.
En gage de l'intérêt paternel que Nous portons à vos recherches et à
vos travaux, sous les auspices de l'Esprit Saint, que Nous prions de vous
combler de ses dons, Nous vous accordons de tout cœur, à vous, à toas
les sociologues catholiques, dans la grande effusion de Notre cœur, Notre
BénédictionApostolique.

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