PG 114, col. 179
saint Cyrille, qu’il a fait parler ἐι sa fantaisieA donnent guere que ces deux exemples, pour
qu'il lui a plu, et qu’il a meme donné ἐι quelques
circonstances un tour qui n’est pas tout ὸ fait na-
turel ; qu’il a rapporté le martyre tle ce saint en—
fant, non pas comme il s‘est passé, mais comme
il a pu se passer; enfin qu’il a orné son sujet de
plusieurs circonstances qui ne sont point dans
son original. Ce n’est pas la la scule narration
que M. Baillet ait paraphrasée: il serait aisé d’en
marquer plusieurs autres, qui ne sont pas moins
remarquables que cclle de saint Cyrille, et dans
lesquelles il ne s’est pas donné moins de liberte.
L’on n’a choisie la Viede ce saint, entre plusieurs
διιίιιθε, que parce qu'ene est fon ρουιιιθ, ’ Β excellens amor eorum mutuus. _‘Cum longe autem
On vo'it par la que l’art de paraphraser n’est pas " tempore vixissent in hac affectione, bono et lio-
si particulier aMétaphraste, qu'il n’ait été mis en nesto infestus et sceleratissimus humani generis
usage par d'autres auteurs, qui ont prétendu se inimicus, eis invidens, talem inter eos peperit
distinguer par leurjustesse et par leur exactitude, dissensionem, ut nec in platea quidem vellent sibi
quoiqu’ils déclament en mille endmits contra invicem occurrere, ex dazmozico odio quod inter
les exces de cet écrivain grec, dont on veut faire se invicem conceperant.
passer le témoignage comme n’étant d'aucun poids Cum satis vero longo tempore ita fuissent afl‘ecli,
pour établir un fait historique, et dont meme le ad se rediens Nicephorus, et cognoscens odium
nom doit etre supprime, quoiqu’on protite de son esse diabolicum, rogavit amicos quosdam, ut irent
travail. ad presbyterum Sapricium, et rogarent eum pro
Quoiqne M. de Tillemont fasse,pour ainsi dire, Nicephoro, ut ei culpam condonaret, el eum roe-
deux sortes d‘additions aux histoires originales des nitentia ductum acciperet propter Dominum. ille
saints, on ne croit pas néanmoins qu'elles soient autem noluit ei condonare. ls vero rursus misit
centre l’exactitude. Quand il trouve hors de son su- alios amicos, ut ei reconciliaretur. Presbyter au-
jetquelque chose qui peut relever ou dclaircir la
biatiere'qu’il traite: alors, si l’auteur est digne dec
foi, il ne fait pas diiiiculté d'insérer ce qu’il lui
emprunte dans sa narration, quoique originale,
mais avec cette précaution, qn’il distingue d’avec le
texte original ce qui lui est étranger, et qu'il cite ὲ
a marge le nom de l’auteur qu’il [ait parler. Il n’est
pas rare que ce docte critique ajoute aussi quelque
chose du sien dans les histoires qu'il raconte:
mais comme il renl‘erme cela entre deux paren-
theses, le lecteur voit bien que ces sortes d'addi-
tions ne font pas partie du corps de la piece ; ainsi
cela ne peut passer pour une véritable alteration.
Il y a eu d'habiles critiques qui ont cru que la
plupart des additions de Métaphrasle etaient de
cette nature (10) : et s'il avait pris les précautions
de M. de Tillemont, je ne sais si l‘on se serait “regno caelorum.
récrié aussi hardiment qu’on l'a fait contre ses pa-
raphrases. ll est certain qu’on trouve dans ce Le-
gendaire des additions en grand nombre; comme
calles qu’on suppose qu'il a taites dans lthe de saint
Nicéphore, et dans l’liistoire de la translation du
chef de saint Jean-Baptistc, qui ne sont pas plus
considérables que quelques-unes qui se trouvent
dans M. de Tillemont : car nos critiques ne nous
(1) Pauculis, ad attentionem conciliandam, ap-
tiufve connectenda: periodos, intetjectis, Ball. tein.
Ι, Januar, Praetet. 18, col. t.
qu'il lui a plu, et qu’il a meme donné ἐι quelques
circonstances un tour qui n’est pas tout ὸ fait na-
turel ; qu’il a rapporté le martyre tle ce saint en—
fant, non pas comme il s‘est passé, mais comme
il a pu se passer; enfin qu’il a orné son sujet de
plusieurs circonstances qui ne sont point dans
son original. Ce n’est pas la la scule narration
que M. Baillet ait paraphrasée: il serait aisé d’en
marquer plusieurs autres, qui ne sont pas moins
remarquables que cclle de saint Cyrille, et dans
lesquelles il ne s’est pas donné moins de liberte.
L’on n’a choisie la Viede ce saint, entre plusieurs
διιίιιθε, que parce qu'ene est fon ρουιιιθ, ’ Β excellens amor eorum mutuus. _‘Cum longe autem
On vo'it par la que l’art de paraphraser n’est pas " tempore vixissent in hac affectione, bono et lio-
si particulier aMétaphraste, qu'il n’ait été mis en nesto infestus et sceleratissimus humani generis
usage par d'autres auteurs, qui ont prétendu se inimicus, eis invidens, talem inter eos peperit
distinguer par leurjustesse et par leur exactitude, dissensionem, ut nec in platea quidem vellent sibi
quoiqu’ils déclament en mille endmits contra invicem occurrere, ex dazmozico odio quod inter
les exces de cet écrivain grec, dont on veut faire se invicem conceperant.
passer le témoignage comme n’étant d'aucun poids Cum satis vero longo tempore ita fuissent afl‘ecli,
pour établir un fait historique, et dont meme le ad se rediens Nicephorus, et cognoscens odium
nom doit etre supprime, quoiqu’on protite de son esse diabolicum, rogavit amicos quosdam, ut irent
travail. ad presbyterum Sapricium, et rogarent eum pro
Quoiqne M. de Tillemont fasse,pour ainsi dire, Nicephoro, ut ei culpam condonaret, el eum roe-
deux sortes d‘additions aux histoires originales des nitentia ductum acciperet propter Dominum. ille
saints, on ne croit pas néanmoins qu'elles soient autem noluit ei condonare. ls vero rursus misit
centre l’exactitude. Quand il trouve hors de son su- alios amicos, ut ei reconciliaretur. Presbyter au-
jetquelque chose qui peut relever ou dclaircir la
biatiere'qu’il traite: alors, si l’auteur est digne dec
foi, il ne fait pas diiiiculté d'insérer ce qu’il lui
emprunte dans sa narration, quoique originale,
mais avec cette précaution, qn’il distingue d’avec le
texte original ce qui lui est étranger, et qu'il cite ὲ
a marge le nom de l’auteur qu’il [ait parler. Il n’est
pas rare que ce docte critique ajoute aussi quelque
chose du sien dans les histoires qu'il raconte:
mais comme il renl‘erme cela entre deux paren-
theses, le lecteur voit bien que ces sortes d'addi-
tions ne font pas partie du corps de la piece ; ainsi
cela ne peut passer pour une véritable alteration.
Il y a eu d'habiles critiques qui ont cru que la
plupart des additions de Métaphrasle etaient de
cette nature (10) : et s'il avait pris les précautions
de M. de Tillemont, je ne sais si l‘on se serait “regno caelorum.
récrié aussi hardiment qu’on l'a fait contre ses pa-
raphrases. ll est certain qu’on trouve dans ce Le-
gendaire des additions en grand nombre; comme
calles qu’on suppose qu'il a taites dans lthe de saint
Nicéphore, et dans l’liistoire de la translation du
chef de saint Jean-Baptistc, qui ne sont pas plus
considérables que quelques-unes qui se trouvent
dans M. de Tillemont : car nos critiques ne nous
(1) Pauculis, ad attentionem conciliandam, ap-
tiufve connectenda: periodos, intetjectis, Ball. tein.
Ι, Januar, Praetet. 18, col. t.