PL 194, col. 1688
1485. (4) Patrelogie i. CLXXX. (5) Crit. Sacr. I. rw, c. 12, p 422. - — -<w- s - © © - ..u « == — h ©, os ao <4 co 6a ik oo o oXMtic
II. Alcher, dont on vient de * cultiva les letires avec piété dans Vabbaye de Clairvaux, sous le gouvernement de saint Bernard, et de ses successeurs Fastrede et Geoſroi.
Il ctait vers6, non-seulement dans les lettres divines, mais aussi dans les sciences humaines. Isaac, dans la lettre qu'il lui écrivit sur la nature de Fame, apres avoir observe que la tete est le siége de cette substance, lui parle ainsi: « Car la tete, comme vous le savez mieux que moi, vous qui excellez en physique (c'rst-a dire en médeeine,
suivant le langage du temps), est un assemblage de six ossements, soutenu par les sept colonnes du con. Si vous jugez à propos de in Cerire sur la structure du corps humain, peut-étre vous ſerai-je une r6- ponse dans laquelle je montrerai comment lame recoit de son plein gre cet instrument de son action et
de son plaisir, comment ensuite elle le conserve avec soin, comment elle le quitte toujours avec regret, comment elle desire avec empressement de le reprendre apres avoir quilts malgre elle, comment enn elle se r6jouira, lorsqu elle aura repris pour ne le plus perdre.
Cet ouvrage est le cecond des quatre livres de. Ame, imprimes parmi les CEuvres de Hugues de Saint- Victor, et le meme que le livre de V'Esprit et de Ame, qu on voit dans lappendice du sixzieme tome de saint Augustin.
La censure d André Rivet est un peu moins s6vere (5). « Quoique ce livre, dit-il, soit incontestablement Elranger a saint Auguslin, il mérite neanmoins d'etre lu, et Lon y trouve bien des choses propres à $atis- faire la curiosite des lecteurs.
Mais les nouveaux éditeurs de saint Augustin, qui Fadjugent comme nous a notre auteur, L'ont partage en soixante-six. Dans cette Edition, beaucoup plus correcte et plus ample que les prece.lentes, on a eu soin (ce qui nest pas un petit — 1 de marquer, par des notes marginales, les auteurs dont Alcher avait emprunté les expressions.
Pour dire notre avis sur ce livre, nous le regardons comme un assez bon precis de ce que les anciens ont «dit de mieux sur la nature de Vame, sa difference d'avec le corps, Iimmortalite de son etre et la noblesse de sa destination.
Le Traité de amour de Dieu, De diligendo Deo, divisé en dix-huit chapitres, et place dans la nouvelle dition de saint Augustin à la suite du prececent, nous parait, par la conſormité qu'ils ont ensemble, etre un meme auteur.
Ce qui est certain, c'est que l'auteur était un homme de cloire; car il remercic Dieu de avoir retire du siècle. Les derniers 6diteurs de saint Augustin ineli nent 2 metire, parmi les productions d' Alcher, et cet ouvrage et tous les autres qu'ils ont rassembles dans Fappemdice du sixieme tome de ce Pere, savoir, le Soliloque de lame avec Dien, le livre des Meditations,
Fopuscule de ls Contrition du coeur, le Manuel, forme en partie des meditations de saint Anselme, et en rtie du quatrième livre de PAme, imprime, ainsi qu'on I's dit, parmi les OEuvres de Hugues de Sajut- ictor.
Le ſondement sur lequel ils s'appuient est la grande ressemblance que ces livres ont entre eux et avec celui de Esprit et de (Ame. Mais il y a difliculte r le Soliloque, en ce que dans le chapitre trente-deuxieme on trouve, a quelques mots pres, tout te chapitre premier du quatt ieme concile de
Latran, tenu, non en 1198, comme le disent nos editeurs, mais en 1215, sous le pape Innocent III. Le concile auraitl-il copic cet cadroit, ou serait-il original? Pierre de Roye, en latin, de Reid, fut levee dans le clerge de Noyon, y obltint un canonical, et, par ses talents, merita la confiance ct Vestunc de Vereque, qui le lit son GmmensSal, L'aisance eb la ſaveur dont
i jovissait lui firent oublier ses devoirs. II douna dans la dissipation, et mena une vie peu conſorme aux canons. Au milieu de ses egarements, il ne laissait pas de faire de temps en temps des reflexions sur la vanile du monde, sur la bricyele de la vie et sur Vincertitude du dernier moment.
la fin il se seutit si vivement Lou- (5) Script. t. II, p.
II. Alcher, dont on vient de * cultiva les letires avec piété dans Vabbaye de Clairvaux, sous le gouvernement de saint Bernard, et de ses successeurs Fastrede et Geoſroi.
Il ctait vers6, non-seulement dans les lettres divines, mais aussi dans les sciences humaines. Isaac, dans la lettre qu'il lui écrivit sur la nature de Fame, apres avoir observe que la tete est le siége de cette substance, lui parle ainsi: « Car la tete, comme vous le savez mieux que moi, vous qui excellez en physique (c'rst-a dire en médeeine,
suivant le langage du temps), est un assemblage de six ossements, soutenu par les sept colonnes du con. Si vous jugez à propos de in Cerire sur la structure du corps humain, peut-étre vous ſerai-je une r6- ponse dans laquelle je montrerai comment lame recoit de son plein gre cet instrument de son action et
de son plaisir, comment ensuite elle le conserve avec soin, comment elle le quitte toujours avec regret, comment elle desire avec empressement de le reprendre apres avoir quilts malgre elle, comment enn elle se r6jouira, lorsqu elle aura repris pour ne le plus perdre.
Cet ouvrage est le cecond des quatre livres de. Ame, imprimes parmi les CEuvres de Hugues de Saint- Victor, et le meme que le livre de V'Esprit et de Ame, qu on voit dans lappendice du sixzieme tome de saint Augustin.
La censure d André Rivet est un peu moins s6vere (5). « Quoique ce livre, dit-il, soit incontestablement Elranger a saint Auguslin, il mérite neanmoins d'etre lu, et Lon y trouve bien des choses propres à $atis- faire la curiosite des lecteurs.
Mais les nouveaux éditeurs de saint Augustin, qui Fadjugent comme nous a notre auteur, L'ont partage en soixante-six. Dans cette Edition, beaucoup plus correcte et plus ample que les prece.lentes, on a eu soin (ce qui nest pas un petit — 1 de marquer, par des notes marginales, les auteurs dont Alcher avait emprunté les expressions.
Pour dire notre avis sur ce livre, nous le regardons comme un assez bon precis de ce que les anciens ont «dit de mieux sur la nature de Vame, sa difference d'avec le corps, Iimmortalite de son etre et la noblesse de sa destination.
Le Traité de amour de Dieu, De diligendo Deo, divisé en dix-huit chapitres, et place dans la nouvelle dition de saint Augustin à la suite du prececent, nous parait, par la conſormité qu'ils ont ensemble, etre un meme auteur.
Ce qui est certain, c'est que l'auteur était un homme de cloire; car il remercic Dieu de avoir retire du siècle. Les derniers 6diteurs de saint Augustin ineli nent 2 metire, parmi les productions d' Alcher, et cet ouvrage et tous les autres qu'ils ont rassembles dans Fappemdice du sixieme tome de ce Pere, savoir, le Soliloque de lame avec Dien, le livre des Meditations,
Fopuscule de ls Contrition du coeur, le Manuel, forme en partie des meditations de saint Anselme, et en rtie du quatrième livre de PAme, imprime, ainsi qu'on I's dit, parmi les OEuvres de Hugues de Sajut- ictor.
Le ſondement sur lequel ils s'appuient est la grande ressemblance que ces livres ont entre eux et avec celui de Esprit et de (Ame. Mais il y a difliculte r le Soliloque, en ce que dans le chapitre trente-deuxieme on trouve, a quelques mots pres, tout te chapitre premier du quatt ieme concile de
Latran, tenu, non en 1198, comme le disent nos editeurs, mais en 1215, sous le pape Innocent III. Le concile auraitl-il copic cet cadroit, ou serait-il original? Pierre de Roye, en latin, de Reid, fut levee dans le clerge de Noyon, y obltint un canonical, et, par ses talents, merita la confiance ct Vestunc de Vereque, qui le lit son GmmensSal, L'aisance eb la ſaveur dont
i jovissait lui firent oublier ses devoirs. II douna dans la dissipation, et mena une vie peu conſorme aux canons. Au milieu de ses egarements, il ne laissait pas de faire de temps en temps des reflexions sur la vanile du monde, sur la bricyele de la vie et sur Vincertitude du dernier moment.
la fin il se seutit si vivement Lou- (5) Script. t. II, p.