AAS 33 (1941), p. 210
dans Notre Encyclique Sertum Laetitiae adressée aux évêques des EtatsUnis
de F Amérique du Nord : point fondamental qui consiste, comme
Nous disions, dans l'affirmation de l'imprescriptible exigence « que les
biens créés par Dieu pour tous les hommes, soient également à la disposi
tion de tous, selon les principes de la justice et de la charité. »
Tout homme, en tant qu'être vivant doué de raison, tient en fait de
la nature le droit fondamental d'user des biens matériels de la terre,
quoiqu'il soit laissé à la volonté humaine et aux formes juridiques des
peuples de régler plus en détail l'actuation pratique de ce droit. Un tel
droit individuel ne saurait en aucune manière être supprimé, pas même
par d'autres droits certains et reconnus sur des biens matériels. Sans
doute l'ordre naturel, venant de Dieu, requiert aussi la propriété privée
et la liberté du commerce réciproque des biens par échanges et donations,
comme en outre la fonction régulatrice du pouvoir public sur l'une et
l'autre de ces institutions. Tout cela néanmoins reste subordonné à la
fin naturelle des biens matériels, et ne saurait se faire indépendant du
droit premier et fondamental qui en concède l'usage à tous, mais plutôt
doit servir à en rendre possible l'actuation en conformité avec cette fin.
Ainsi seulement on pourra et devra obtenir que propriété et usage dès
biens matériels apportent à la société paix féconde et vivante stabilité,
qu'il n'en résulte pas au contraire un état de choses précaire, générateur
de luttes et de jalousies, et abandonné à la merci du jeu impitoyable de
la force et de la faiblesse.
Le droit originaire à l'usage des biens matériels, parce qu'il est en
intime connexion avec la dignité et les autres droits de la personne hu
maine, offre à celle-ci, sous les formes rappelées à l'instant, une base
matérielle sûre, de souveraine importance pour s'élever à l'accomplis
sement de ses devoirs moraux. La protection de ce droit assurera la
dignité personnelle de l'homme et lui donnera la facilité de s'appliquer
à remplir, dans une juste liberté, cet ensemble de constantes obligations
et décisions dont il est directement responsable envers le Créateur. C'est
en effet à l'homme qu'appartient le devoir entièrement personnel de
conserver et de porter à plus de perfection sa propre vie matérielle et
spirituelle, pour atteindre la fin religieuse et morale que Dieu a assignée
à tous les hommes et leur a donnée comme une norme suprême, les obli
geant toujours et dans tous les cas, antérieurement à tous leurs autres
devoirs.
Sauvegarder lë domaine intangible des droits de la personne humaine
et lui faciliter l'accomplissement de ses devoirs, doit être le rôle essen
tiel de tout pouvoir public. N'est-ce pas là ce que comporte lé sens au-
de F Amérique du Nord : point fondamental qui consiste, comme
Nous disions, dans l'affirmation de l'imprescriptible exigence « que les
biens créés par Dieu pour tous les hommes, soient également à la disposi
tion de tous, selon les principes de la justice et de la charité. »
Tout homme, en tant qu'être vivant doué de raison, tient en fait de
la nature le droit fondamental d'user des biens matériels de la terre,
quoiqu'il soit laissé à la volonté humaine et aux formes juridiques des
peuples de régler plus en détail l'actuation pratique de ce droit. Un tel
droit individuel ne saurait en aucune manière être supprimé, pas même
par d'autres droits certains et reconnus sur des biens matériels. Sans
doute l'ordre naturel, venant de Dieu, requiert aussi la propriété privée
et la liberté du commerce réciproque des biens par échanges et donations,
comme en outre la fonction régulatrice du pouvoir public sur l'une et
l'autre de ces institutions. Tout cela néanmoins reste subordonné à la
fin naturelle des biens matériels, et ne saurait se faire indépendant du
droit premier et fondamental qui en concède l'usage à tous, mais plutôt
doit servir à en rendre possible l'actuation en conformité avec cette fin.
Ainsi seulement on pourra et devra obtenir que propriété et usage dès
biens matériels apportent à la société paix féconde et vivante stabilité,
qu'il n'en résulte pas au contraire un état de choses précaire, générateur
de luttes et de jalousies, et abandonné à la merci du jeu impitoyable de
la force et de la faiblesse.
Le droit originaire à l'usage des biens matériels, parce qu'il est en
intime connexion avec la dignité et les autres droits de la personne hu
maine, offre à celle-ci, sous les formes rappelées à l'instant, une base
matérielle sûre, de souveraine importance pour s'élever à l'accomplis
sement de ses devoirs moraux. La protection de ce droit assurera la
dignité personnelle de l'homme et lui donnera la facilité de s'appliquer
à remplir, dans une juste liberté, cet ensemble de constantes obligations
et décisions dont il est directement responsable envers le Créateur. C'est
en effet à l'homme qu'appartient le devoir entièrement personnel de
conserver et de porter à plus de perfection sa propre vie matérielle et
spirituelle, pour atteindre la fin religieuse et morale que Dieu a assignée
à tous les hommes et leur a donnée comme une norme suprême, les obli
geant toujours et dans tous les cas, antérieurement à tous leurs autres
devoirs.
Sauvegarder lë domaine intangible des droits de la personne humaine
et lui faciliter l'accomplissement de ses devoirs, doit être le rôle essen
tiel de tout pouvoir public. N'est-ce pas là ce que comporte lé sens au-