AAS 41 (1949), p. 283
ALLOCUTIONES
I
Ad Delegatos Sodalitatis, cui nomen « Union Internationale des Associations
Patronales Catholiques », ob nonum Conventum internationalem
Romae coadunatos/'
Avec une égale sollicitude, un égal intérêt, Nous voyons venir à
Nous, tour à tour, les ouvriers et les représentants des organisations
industrielles; les uns et les autres Nous exposent, avec une confiance
qui Nous touche profondément, leurs préoccupations respectives. Aussi,
en vous souhaitant de tout cœur la bienvenue, Nous saisissons volontiers,
très chers fils, l'occasion que vous Nous offrez de vous exprimer
Notre paternelle bienveillance et de louer votre zèle à faire pénétrer
dans le monde de l'économie la doctrine sociale chrétienne.
Nous venons de faire allusion aux préoccupations de ceux qui participent
à la production industrielle. Erroné et funeste en ses conséquences
est le préjugé, malheureusement trop répandu, qui voit en elles une
opposition irréductible d'intérêts divergents. L'opposition n'est qu'apparente.
Dans le domaine économique il y a communauté d'activité et
d'intérêts entre chefs d'entreprises et ouvriers. Méconnaître ce lien réciproque,
travailler à le briser, ne peut être que le fait d'une prétention
de despotisme aveugle et déraisonnable. Chefs d'entreprises et ouvriers
ne sont pas antagonistes inconciliables. Ils sont coopérateurs dans une
œuvre commune. Ils mangent, pour ainsi dire, à la même table, puisqu
'ils vivent, en fin de compte, du bénéfice net et global de l'économie
nationale. Chacun touche son revenu, et sous ce rapport leurs relations
mutuelles ne mettent aucunement les uns au service des autres.
Toucher son revenu est un apanage de la dignité personnelle de quiconque,
sous une forme ou sous une autre, comme patron ou comme
ouvrier, prête son concours productif au rendement de l'économie nationale.
Dans le bilan de l'industrie privée, la somme des salaires peut
figurer à titre de frais de l'employeur. Mais, dans l'économie nationale,
il n'est qu'une sorte de frais, qui consistent dans les biens naturels
utilisés en vue de la production nationale et qu'il faut, par conséquent,
sans cesse suppléer.
Il s'ensuit que, des deux côtés, on a intérêt à voir les dépenses de la
production nationale proportionnelles à son rendement. Mais dès lors
* Habita die 7 Maii mensis a. 1949.
I
Ad Delegatos Sodalitatis, cui nomen « Union Internationale des Associations
Patronales Catholiques », ob nonum Conventum internationalem
Romae coadunatos/'
Avec une égale sollicitude, un égal intérêt, Nous voyons venir à
Nous, tour à tour, les ouvriers et les représentants des organisations
industrielles; les uns et les autres Nous exposent, avec une confiance
qui Nous touche profondément, leurs préoccupations respectives. Aussi,
en vous souhaitant de tout cœur la bienvenue, Nous saisissons volontiers,
très chers fils, l'occasion que vous Nous offrez de vous exprimer
Notre paternelle bienveillance et de louer votre zèle à faire pénétrer
dans le monde de l'économie la doctrine sociale chrétienne.
Nous venons de faire allusion aux préoccupations de ceux qui participent
à la production industrielle. Erroné et funeste en ses conséquences
est le préjugé, malheureusement trop répandu, qui voit en elles une
opposition irréductible d'intérêts divergents. L'opposition n'est qu'apparente.
Dans le domaine économique il y a communauté d'activité et
d'intérêts entre chefs d'entreprises et ouvriers. Méconnaître ce lien réciproque,
travailler à le briser, ne peut être que le fait d'une prétention
de despotisme aveugle et déraisonnable. Chefs d'entreprises et ouvriers
ne sont pas antagonistes inconciliables. Ils sont coopérateurs dans une
œuvre commune. Ils mangent, pour ainsi dire, à la même table, puisqu
'ils vivent, en fin de compte, du bénéfice net et global de l'économie
nationale. Chacun touche son revenu, et sous ce rapport leurs relations
mutuelles ne mettent aucunement les uns au service des autres.
Toucher son revenu est un apanage de la dignité personnelle de quiconque,
sous une forme ou sous une autre, comme patron ou comme
ouvrier, prête son concours productif au rendement de l'économie nationale.
Dans le bilan de l'industrie privée, la somme des salaires peut
figurer à titre de frais de l'employeur. Mais, dans l'économie nationale,
il n'est qu'une sorte de frais, qui consistent dans les biens naturels
utilisés en vue de la production nationale et qu'il faut, par conséquent,
sans cesse suppléer.
Il s'ensuit que, des deux côtés, on a intérêt à voir les dépenses de la
production nationale proportionnelles à son rendement. Mais dès lors
* Habita die 7 Maii mensis a. 1949.