Introduction to the Devout LifeChapter I. The description of true devotion

san Francesco di Sales († 1622) · Introduction à la vie dévote · 1609

Chapter I. The description of true devotion

You aspire to devotion, my dearest Philothea, because, being a Christian, you know it to be a virtue extremely pleasing to the Divine Majesty. But since small faults, committed in the beginning of any undertaking, grow in the progress infinitely greater, and become in the end almost irreparable, you must first know what the virtue of devotion is; for since there is but one true devotion, and many which are false and deceitful, if you cannot distinguish that which is true, you may easily deceive and amuse yourself in following some fantastical and superstitious devotion.

As Aurelius painted all the faces of his pictures to the air and resemblance of the woman he loved, so every one paints devotion according to his own passion and fancy. He that is addicted to fasting thinks himself very devout if he fasts, though his heart be at the same time filled with rancor, and scrupling to moisten his tongue with wine, or even with water, through sobriety, he makes no difficulty to drink deep of his neighbor’s blood, by detraction and calumny. Another considers himself devout because he recites daily a multiplicity of prayers, though immediately afterwards he utters the most disagreeable, arrogant, and injurious words amongst his domestics and neighbors. Another cheerfully draws an alms out of his purse to relieve the poor, but cannot draw meekness out of his heart to forgive his enemies. ‘Another readily forgives enemies, but never satisfies his creditors but by constraint. These, by some, are esteemed devout, while, in reality, they are by no means so.

As Saul’s servants sought David in his house, but Michol, laying a statue in his bed, and covering it with his clothes, made them believe it was David himself, so many persons, by covering themselves with certain external actions belonging to devotion, make the world believe that they are truly devout, whereas they are in reality nothing but statues and phantoms of devotion.

True devotion, Philothea, presupposes, not a partial, but a thorough love of God. For inasmuch as divine love adorns the soul, it is called grace, making us pleasing to the Divine Majesty; inasmuch as it gives us the strength to do good, it is called charity; but when it is arrived at that degree of perfection by which it not only makes us do well, but also work diligently, frequently, and readily, then it is called devotion.

As ostriches never fly, as hens fly low, heavily, and but seldom, and as eagles, doves, and swallows fly aloft, swiftly and frequently, so sinners fly not at all towards God, but lie, grovelling on earth, with only earthly objects in view. Good people, who have not as yet attained to devotion, fly towards God by their good works, but rarely slowly and heavily; but devout souls ascend to Him by more frequent, prompt, and lofty flights. In short, devotion is nothing else but that spiritual agility and vivacity by which charity works in us, or we work by her, with alacrity and affection; and as it is the business of charity to make us observe all God’s commandments, generally and without exception, so it is the part of devotion to make us observe them more fully and with diligence. Wherefore he who observes not all the commandments of God cannot be esteemed either good or devout; since to be good he must be possessed of charity; and to be devout, besides charity, he must show a cheerfulness and alacrity in the performance of charitable actions.

As devotion, then, consists in a certain excellent, degree of charity, it makes us not only active and diligent in the observance of God’s commandments, but it also excites us to the performance of every good work with an affectionate alacrity, though it be not of precepts, but only of counsel. For as a man newly recovered from any infirmity walks as much as is necessary for him, but yet slowly and at his leisure, so a sinner, just heated of his iniquity, walks as far as God commands him, yet slowly and heavily, till such time as he attains to devotion; for then, like a man in sound health, he not only walks, but runs, and springs forward in the way of God’s commandments; and, moreover, advances with rapidity in the paths of his heavenly counsels and inspiration.

To conclude: charity and devotion differ no more from each other than fire does from flame; for charity is a spiritual fire, which, when inflamed, is called devotion. Hence it appears that devotion adds nothing to the fire of charity but the flame, which makes it ready, active, and diligent, not only in the observance of the commandments of God, but also in the execution of his heavenly counsels and inspirations.

Vous aspirez à la dévotion, très-chère Philotée, parce qu'étant chrétienne, vous savez que c'est une vertu extrêmement agréable à la divine Majesté. Mais, comme il arrive que les petites fautes que l'on commet au commencement d'une affaire s'agrandissent beaucoup à mesure qu'on avance, et deviennent à la fin presque irréparables, il faut, avant toutes choses, que vous sachiez bien ce que c'est que la vertu de dévotion; car il n'y en a qu'une de vraie, et il y en a beaucoup de fausses et de vaines; en sorte que, sans ce discernement, vous pourriez vous tromper, et perdre le temps à suivre quelque dévotion imprudente et superstitieuse.

Le peintre Arélius donnoit à tous ses personnages la figure des personnes qu'il aimoit; et chacun peint la dévotion selon sa passion et son humeur. Celui qui est adonné au jeûne se tiendra pour bien dévot pourvu qu'il jeûne, quoique son cœur soit plein de rancune; et n'osant pas tremper sa langue dans le vin, ni même dans l'eau, par sobriété, il ne se fera pas scrupule de la plonger dans le sang du prochain, par la médisance et la calomnie. Un autre s'estimera dévot parce qu'il dit une grande multitude d'oraisons tous les jours, quoiqu'après cela il se répande en paroles fâcheuses, fières et injurieuses contre ses domestiques et ses voisins. Tel autre tire volontiers l'aumône de sa bourse pour la donner aux pauvres, mais il ne peut tirer la douceur de son cœur pour pardonner à ses ennemis. Celui-ci pardonne aisément, mais de payer ses créanciers, c'est ce qu'il ne fait qu'à vive force de justice. Tous ces gens-là passent pour dévots, et ne le sont en aucune manière. Les officiers de Saül étant allés chez David pour l'arrêter, Michol mit une statue dans son lit, et l'ayant couverte des habits de David, elle leur fit accroire que c'étoit David lui-même qui dormoit malade. Ainsi beaucoup de personnes se couvrent de certaines pratiques extérieures qui appartiennent à la dévotion, et le monde croit que ce sont vraiment des gens dévots et spirituels, et dans le fait ce ne sont que des statues et des fantômes de dévotion.

La vraie et solide dévotion, Philothée, présuppose l'amour de Dieu, ou plutôt elle n'est autre chose qu'un vrai amour de Dieu; je dis un vrai amour, et non pas un amour tel quel; car en tant que l'amour divin embellit notre ame, il s'appelle grâce, comme nous rendant agréables aux yeux de Dieu; en tant qu'il nous donne la force de faire le bien, il s'appelle charité; mais quand il en est venu à ce degré de perfection, de nous porter non-seulement à faire le bien, mais encore à le faire soigneusement, fréquemment et promptement, alors il s'appelle dévotion, et j'explique ceci par une comparaison. Les autruches ne volent jamais, bien qu'elles aient des ailes. Les poules volent, mais pesamment, rarement, et fort bas. Au contraire, les aigles, les colombes, les hirondelles ont le vol vif, élevé et presque continuel. Ainsi les pécheurs ne volent pas en Dieu, mais font toutes leurs courses sur la terre et pour la terre: les gens de bien, qui n'ont pas encore atteint la dévotion, volent en Dieu par leurs bonnes actions, mais rarement, lentement et pesamment: et il n'y a que les personnes dévotes qui s'élèvent en Dieu d'un vol prompt, fréquent et élevé. En un mot, la dévotion n'est autre chose qu'une certaine agilité et vivacité spirituelle, par laquelle la charité fait ses œuvres en nous, ou nous par elle, promptement et affectionnément; et comme il appartient à la charité de nous faire pratiquer universellement tous les commandemens de Dieu, il appartient à la dévotion de nous les faire observer avec toute la diligence et toute la ferveur possibles. Ainsi celui qui n'observe pas tous les commandemens de Dieu, n'est ni juste ni dévot: il n'est pas juste, puisqu'il lui manque la charité; il n'est pas dévot, puisque, outre la charité, il lui manque le zèle et la promptitude aux actions charitables, qui est le propre de la dévotion.

Et parce que la dévotion consiste dans la perfection de la charité, elle nous rend prompts, actifs et diligens, non-seulement à observer tous les commandemens de Dieu, mais encore à faire le plus de bonnes œuvres que nous pouvons, encore qu'elles ne soient pas de précepte, mais simplement de conseil ou d'inspiration. Un homme qui relève nouvellement de maladie marche autant qu'il lui est nécessaire, mais lentement et pesamment: il en est de même d'un pécheur nouvellement guéri de son iniquité; il marche autant que Dieu le lui commande; mais posément et lentement; et ce n'est que lorsqu'il a atteint la dévotion, que, comme un homme sain et robuste, non-seulement il chemine, mais il court et il saute en la voie des commandemens de Dieu, et de plus, il s'élance dans les sentiers des conseils et des inspirations célestes. Enfin la charité et la dévotion ne sont pas plus différentes l'une de l'autre que la flamme ne l'est du feu; puisque la charité, qui est le feu spirituel de l'ame, s'appelle dévotion quand elle est fort enflammée. En sorte que la dévotion n'ajoute rien au feu de la charité, sinon la flamme qui rend la charité prompte, active et diligente non-seulement dans l'observation des commandemens de Dieu, mais aussi dans la pratique des conseils et des inspirations célestes.

“from the French of St. Francis de Sales, to which is prefixed an abstract of his life”, New York and Ratisbon: Frederick Pustet & Co., [192-]. Fonte del testo digitale: Internet Archive scan introductiontode00franuoft (University of Toronto), read with three OCR engines and corrected; a few misreadings may remain. Testo originale: Project Gutenberg eBook #53540 (Distributed Proofreaders, from a Google Books scan). Public domain in the US and Canada: an anonymous translation printed in the 1920s from an older version; the French edition is of 1832.

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