Introduction to the Devout LifeChapter IX. Of meekness towards ourselves

san Francesco di Sales († 1622) · Introduction à la vie dévote · 1609

Chapter IX. Of meekness towards ourselves

One of the best exercises of meekness we can perform perform is that of which the subject is within ourselves, in never fretting at our own imperfections, for though reason requires that we should be sorry when we commit any fault, yet we must refrain from that bitter, gloomy, spiteful, and passionate displeasure, for which many are greatly to blame, who, being overcome by anger, are angry for having been angry, and vexed to see themselves vexed; for by this means they keep their heart perpetually steeped in passion; and, though it seems as if the second anger destroyed the first, it serves, nevertheless, to open a passage for fresh anger on the first occasion that shall present itself. Besides, this anger and vexation against ourselves tend to pride, and flow from no other source than self-love, which is troubled and disquieted to see itself imperfect. We must be displeased at our faults, but in a peaceable, settled, and firm manner; for, as a judge punishes malefactors much more justly when he is guided in his decisions by reason, and proceeds with the spirit of tranquillity, than when he acts with violence and passion (because, judging in passion, he does not punish the faults according to their enormity, but according to his passion), so we correct ourselves much better by a calm and steady repentance, than by that which is harsh, turbulent, and passionate; for repentance exercised with violence proceeds not according to the quality of our faults, but according to our inclinations. For example, he that affects chastity will vex himself beyond all bounds at the least fault he commits against that virtue, and will but laugh at a gross detraction he shall have been guilty of; on the other hand, he that hates detraction torments himself for a slight murmur, and makes no account of a gross fault committed against chastity; and so of others. Now, all this springs from this source, that these men, in the judgement of their conscience, are not guided by reason, but by passion.

Believe me, Philothea, as the mild and affectionate reproofs of a father have far greater power to reclaim his child than rage and passion; so when we have committed any fault, if we reprehend our heart with mild and calm remonstrances, having more compassion for it than passion against it, sweetly encouraging it to amendment, the repentance it shall conceive by this means will sink much deeper, and penetrate it more effectually, than a fretful, injurious, and stormy repentance.

If, for example, I had formed a strong resolution not to yield to the sin of vanity, and yet had fallen into it, I would not reprove my heart after this manner: “Art thou not wretched and abominable, that, after so many resolutions, hast suffered thyself to be thus carried away by vanity? Die with shame; lift up no more thy eyes to heaven, blind, impudent traitor as thou art, a rebel to thy God;” but I would correct it thus, rationally saying, by way of compassion: “Alas, my poor heart, behold we are fallen into the pit we had so firmly resolved to avoid! Well, let us rise again, and quit it forever; let us call upon the mercy of God, and hope that it will assist us to be more constant for the time to come, and let us enter again the path of humility. Let us be encouraged; let us from this day be more upon our guard; God will help us; we shall do better.” and on this reprehension I would build a firm and constant resolution never more to relapse into that fault, using the proper means to avoid it by the advice of my director,

However, if any one should find his heart not sufficiently moved with this mild manner of reprehension, he may use one more sharp and severe, to excite it to deeper confusion, provided that he afterwards closes up all his grief and anger with a sweet and consoling confidence in God, in imitation of that illustrious penitent, who, seeing his soul afflicted, raised it up in this manner, Ps. xliii. 5: “Why art thou sad, O my soul, and why dost thou disquiet me? Hope in God, for I will still give praise to him, who is the salvation of my countenance, and my God.”

Raise up your heart, then, again whenever it falls, but fairly and softly; humbling yourself before God, through the knowledge of your own misery, but without being surprised at your fall, for it is no wonder that weakness should be weak, or misery wretched: detest, nevertheless, with all your power, the offence God has received from you, and return to your way of virtue, which you had forsaken, with great courage and confidence in his mercy.

L'un des meilleurs usages que nous puissions faire de la douceur, c'est de nous l'appliquer à nous-mêmes. Ne nous dépitons jamais contre nous-mêmes ni contre nos imperfections; car bien que la raison demande que, quand nous faisons des fautes, nous en soyons contrits et fâchés, encore faut-il que nous évitions d'en avoir une douleur aigre et chagrine, dépiteuse et violente. En quoi pèchent beaucoup de gens qui, s'étant mis en colère, se courroucent de s'être courroucés, se chagrinent de s'être chagrinés, et se dépitent de s'être dépités. D'où il arrive qu'ils tiennent leur cœur toujours enflé et détrempé de colère, et que la seconde colère, en paroissant ruiner la première, sert néanmoins d'ouverture et de passage à toutes celles qui se présenteront. Ajoutez à cela que ces colères et ces aigreurs que l'on a contre soi-même tendent à l'orgueil, et n'ont d'autre origine que l'amour-propre, par lequel on se trouble et on s'inquiète de se voir imparfait. Il faut donc avoir un déplaisir de nos fautes; mais un déplaisir calme, paisible et ferme: car, de même qu'un juge, en rendant ses sentences, par raison et de sang-froid, châtie bien mieux les méchans que s'il agissoit par emportement et par passion, puisqu'en jugeant avec passion, il ne châtie pas les fautes selon ce qu'elles sont, mais selon ce qu'il est lui-même; de même nous nous châtions bien mieux nous-mêmes par un repentir calme et constant, que par des reproches pleins d'aigreur et de colère, puisque ces reproches si violens ne se font pas selon la gravité de nos fautes, mais selon nos propres inclinations. Par exemple, celui qui affectionne la chasteté, se dépitera avec une amertume non pareille de la moindre faute qu'il commettra contre cette vertu, tandis qu'il ne fera que rire d'une grosse médisance qu'il aura commise; au contraire, celui qui hait la médisance se tourmentera d'une légère parole qui lui sera échappée, et ne tiendra nul compte d'une grosse faute commise contre la chasteté; et ainsi des autres. Or, d'où vient-cela? de ce qu'on ne forme pas le jugement de sa conscience par raison, mais par passion.

Croyez-moi, Philothée, comme les remontrances d'un père, faites doucement et cordialement, ont bien plus de pouvoir sur un enfant pour le corriger, que les colères et les courroux, ainsi quand notre cœur aura fait quelque faute, si nous le reprenons avec des remontrances douces et tranquilles, ayant plus de compassion de lui que de passion contre lui et l'encourageant à mieux faire à l'avenir, le regret qu'il en concevra entrera bien plus avant et le pénétrera bien mieux que ne feroit une correction aigre, injurieuse et emportée.

Pour moi, si j'avois, par exemple, résolu de ne point tomber dans la vanité, et que j'y fusse néanmoins tombé d'une grande chute, je ne voudrois pas reprendre mon cœur de cette sorte: N'es-tu pas bien misérable et abominable, après tant de résolutions, de t'être laissé emporter à la vanité? Meurs de honte, ne lève plus les yeux au ciel, aveugle que tu es, impudent, traître, déloyal à ton Dieu! et autres choses semblables. Mais je voudrois le corriger raisonnablement et par manière de compassion: Eh bien! mon pauvre cœur, nous voilà donc tombés dans la fosse que nous avions tant résolu d'éviter! Ah! relevons-nous, et sortons-en pour jamais; réclamons la miséricorde de Dieu, et espérons qu'elle nous assistera, pour désormais être plus fermes. Remettons-nous dans le chemin de l'humilité. Courage! soyons maintenant sur nos gardes: Dieu nous aidera, nous ferons quelque chose de bon. Sur quoi je voudrois bâtir une bonne et ferme résolution de ne plus retomber dans ma faute, prenant pour cela les moyens convenables, et surtout l'avis de mon directeur.

Que si néanmoins quelqu'un ne trouve pas que son cœur puisse être assez ému par cette douce correction, il pourra employer le reproche, et une réprimande dure et forte pour l'exciter à une profonde confusion, pourvu qu'après avoir rudement gourmandé et corrigé son cœur, il le soulage un peu en terminant tous ses regrets par une douce et sainte confiance en Dieu, à l'imitation de ce grand pénitent qui, voyant son ame affligée, la relevoit de cette sorte: Pourquoi es-tu triste, ô mon ame! et pourquoi me troubles-tu? Espère en Dieu, car je le bénirai encore comme le salut et la lumière de mon visage et mon vrai Dieu.

Relevez donc votre cœur quand il tombera, tout doucement, vous humiliant beaucoup devant Dieu par l'expérience de votre misère, sans nullement vous étonner de votre chute, puisque ce n'est pas chose surprenante que l'infirmité soit infirme, que la foiblesse soit foible, et que la misère soit chétive. Détestez néanmoins de toutes vos forces l'offense que Dieu a reçue de vous, et avec un grand courage et une ferme confiance en sa miséricorde, remettez-vous au train de la vertu que vous avez abandonnée.

“from the French of St. Francis de Sales, to which is prefixed an abstract of his life”, New York and Ratisbon: Frederick Pustet & Co., [192-]. Fonte del testo digitale: Internet Archive scan introductiontode00franuoft (University of Toronto), read with three OCR engines and corrected; a few misreadings may remain. Testo originale: Project Gutenberg eBook #53540 (Distributed Proofreaders, from a Google Books scan). Public domain in the US and Canada: an anonymous translation printed in the 1920s from an older version; the French edition is of 1832.

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