Introduction to the Devout LifeChapter X. That we must treat our affairs with diligence, but without eagerness or solicitude

san Francesco di Sales († 1622) · Introduction à la vie dévote · 1609

Chapter X. That we must treat our affairs with diligence, but without eagerness or solicitude

The care and diligence with which we should “AS attend to our concerns must never be confounded with anxiety and solicitude. The angels are careful of our salvation, and procure it with diligence, yet they are never agitated by anxiety and solicitude; for care and diligence naturally result from their charity, whereas solicitude and anxiety are utterly incompatible with their felicity; because the former may be accompanied by a calm and tranquil state of mind, whereas the latter never can.

Be careful and attentive, then, O Philothea! to all those affairs which God has committed to your care, for such a disposition in you is agreeable to the will of his divine Majesty, without suffering your care and attention to degenerate into inquietude or anxiety; be not flurried about them, for an over-solicitude disturbs the reason and judgment, and prevents us from doing that properly for the execution of which we are so eager and anxious.

When our Lord reprehended Martha, he said: * Martha, Martha, thou art solicitous, and art troubled about many things. You must here observe, that she would not have been troubled, had she been but merely diligent; but, being over-concerned and disquieted, she hurried and troubled herself, and therefore received this reprehension from our Lord. As rivers, that flow slowly through the plains, bear large boats and rich merchandise; and the rain, which falls gently in the open fields, makes them fruitful in grass and corn; or, as torrents and rivers, which run rapidly, and overflow the grounds, ruin the bordering country, and render it unprofitable for culture; so, in like manner, vehement and tempestuous rains spoil the fields and meadows. That work is never well executed which is done with too much eagerness and hurry. We must listen leisurely, according to the proverb. “He that is in haste,” says Solomon, Prov. xix. 2, “is in danger of stumbling.” We perform our actions soon enough when we perform them well. As drones, although they make more noise, and are more eager at work than bees, make only wax, and no honey, so they that hurry themselves with a tormenting anxiety, and eager solicitude, never do much, and the little they do perform is never very profitable.

As lies do not trouble us by their strength, but by their multitudes, so affairs of importance give us not so much trouble as trifling ones, when they are in great number. Undertake, then, all your affairs with a calm and peaceable mind, and endeavor to despatch them in order, one after another; for, if you make an effort to do them all at once, or in disorder, your spirit will be so overcharged and depressed, that it will probably sink under the burden without effecting anything.

In all your affairs rely wholly on Divine Providence, through which alone you must look for success; labor, nevertheless, quietly on your part, to cooperate with its designs, and then you may be assured, if you trust, as you ought, in God, the success which shall come to you shall be always that which is the most profitable for you, whether it appear good or bad, according to your private judgment. Imitate little children, who, as they with one hand hold fast by their father, with the other gather strawberries or blackberries along the hedges; so you, gathering and handling the goods of this world with one hand, must with the other always hold fast the hand of your heavenly Father, turning yourself towards him, from time to time, to see if your actions or occupations be pleasing to him; but, above all things, take heed that you never leave his protecting hand, nor think to gather more; for, should he forsake you, you will not be able to go a step further without falling to the ground. My meaning is, Philothea, that amidst those ordinary affairs and occupations, that require not so earnest an attention, you should look more on God than on them; and when they are of such importance as to require your whole attention, that then, also, you should look, from time to time, towards God, like mariners, who, to arrive at the port to which they are bound, look more up towards heaven than down on the sea on which they sail; thus will God work with you, in you, and for you, and your labor shall be followed with consolation.

Le soin et la diligence que nous devons mettre en nos affaires sont des choses bien différentes de l'inquiétude, du trouble et de l'empressement. Les anges prennent soin de notre salut, et s'y appliquent avec diligence, mais ils n'en ont pour cela ni inquiétude, ni trouble, ni empressement; car le soin et la diligence appartiennent à leur charité; mais l'inquiétude, le trouble et l'empressement seroient totalement contraires à leur félicité, puisque le soin et la diligence peuvent être accompagnés de la tranquillité et de la paix de l'ame, mais non pas l'inquiétude, le souci, et encore moins l'empressement.

Soyez donc soigneuse et diligente en toutes les affaires dont vous serez chargée, ma Philotée; car Dieu vous les ayant confiées, veut que vous en ayez un grand soin; mais, s'il est possible, n'en prenez ni inquiétude, ni souci, c'est-à-dire ne les entreprenez pas avec trouble, anxiété et ardeur, ne vous empressez pas à la besogne, car toute sorte d'empressement trouble la raison et le jugement, et nous empêche même de bien faire la chose à laquelle nous nous empressons.

Quand Notre-Seigneur reprend sainte Marthe, il lui dit: Marthe, Marthe, vous vous inquiétez et vous vous troublez pour beaucoup de choses. Si elle eût été simplement soigneuse, elle ne se fût pas troublée; mais parce qu'elle avoit de l'inquiétude et du souci, elle s'empresse et se trouble; et c'est de quoi Notre-Seigneur la reprend. Les fleuves qui vont doucement coulant dans la plaine, portent les grands bateaux et les riches marchandises, et les pluies qui tombent doucement dans la campagne y font croître les herbes et les fruits. Mais les torrens et les rivières, qui à grands flots courent sur la terre, minent tout sur leur passage, et sont inutiles au commerce, comme les pluies violentes et orageuses ravagent les champs et les prairies. Jamais besogne faite avec impétuosité et empressement ne fut bien faite. Il faut se hâter lentement, comme dit l'ancien proverbe. Qui va avec précipitation, dit Salomon, court risque de tomber à chaque pas. Nous faisons toujours assez tôt, quand nous faisons bien; les bourdons font bien plus de bruit et sont bien plus empressés que les abeilles; mais ils ne font que la cire, et non point le miel; de même ceux qui s'empressent d'une manière si bruyante et si affairée, ne font jamais ni beaucoup ni bien.

Les mouches ne nous inquiètent pas par leur force, mais par leur multitude. Ainsi les grandes affaires ne nous troublent pas tant par leur importance que les petites par leur nombre. Recevez donc les affaires qui vous arriveront, en paix, et tachez de les faire par ordre, l'une après l'autre; car si vous les voulez faire tout d'un coup, ou en désordre, vous ferez des efforts qui vous consumeront l'esprit, et pour l'ordinaire vous demeurerez accablée sous le poids et sans effet.

En toutes vos affaires appuyez-vous totalement sur la providence de Dieu, par laquelle seule vos desseins doivent réussir: travaillez néanmoins de votre côté tout doucement pour coopérer à ses œuvres; et puis croyez que si vous vous êtes bien confiée en Dieu, le résultat que vous obtiendrez sera toujours le plus profitable pour vous, soit qu'il paroisse bon, soit qu'il paroisse mauvais à votre jugement particulier.

Dans le maniement et l'acquisition des biens temporels, faites comme un petit enfant, qui d'une main tenant son père, cueille de l'autre les fraises et les mûres le long des haies; servez-vous aussi d'une de vos mains pour amasser les biens de la terre; mais tenez toujours de l'autre la main de votre Père céleste, vous retournant de temps en temps vers lui, pour voir s'il a pour agréable votre travail et vos occupations, et prenez garde surtout de ne point quitter sa main et sa conduite, dans l'idée d'amasser et de recueillir davantage; car s'il vous abandonne, vous ne ferez point de pas sans donner du nez en terre. Je veux dire, ma Philothée, que, quand vous serez parmi des affaires et des occupations communes, qui ne requièrent pas une attention si forte et si soutenue, vous regardiez plus Dieu que les affaires; et quand les affaires sont de si grande importance, qu'elles demandent toute votre attention pour être bien faites, de temps en temps regardez à Dieu, comme font ceux qui sont sur mer, lesquels, pour arriver à la terre qu'ils désirent, regardent plus le ciel que la mer. Ainsi Dieu travaillera avec vous, en vous et pour vous, et votre travail sera béni de mille consolations.

“from the French of St. Francis de Sales, to which is prefixed an abstract of his life”, New York and Ratisbon: Frederick Pustet & Co., [192-]. Fonte del testo digitale: Internet Archive scan introductiontode00franuoft (University of Toronto), read with three OCR engines and corrected; a few misreadings may remain. Testo originale: Project Gutenberg eBook #53540 (Distributed Proofreaders, from a Google Books scan). Public domain in the US and Canada: an anonymous translation printed in the 1920s from an older version; the French edition is of 1832.

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