Introduction to the Devout LifeChapter XI. Of obedience

san Francesco di Sales († 1622) · Introduction à la vie dévote · 1609

Chapter XI. Of obedience

Charity alone can place us in perfection, but obedience, chastity, and poverty, are the three principal means to attain to it. Obedience consecrates our heart; chastity, our body; and poverty, our means, to the love and service of God. These three branches of the spiritual cross are grounded on a fourth, viz., humility. I shall say nothing of these three virtues, as they are solemnly vowed, because this subject concerns the religions only; nor even as they are simply vowed: for though a vow gives many graces and merits to virtues, yet, to make us perfect, it is not necessary they should be vowed, provided they be observed. For though being vowed, and especially solemnly, they place a man in the state of perfection; yet to arrive at perfection itself, it suffices that they be observed: there being a material difference betwixt the state of perfection and perfection itself; since all bishops and religious are in the state of perfection; and yet, alas! all are not arrived at perfection itself, as is too plainly to be seen. Let us endeavor, then, Philothea, to practise well these virtues, each one according to his vocation; for though they do not place us in the state of perfection, yet they will make us perfect; and, indeed, every one is obliged to practise them, though not all after the same manner.

There are two sorts of obedience, the one necessary, the other voluntary. By that which is necessary, you must obey your ecclesiastical superiors, as the Pope, the Bishop, the Parish Priest, and such as are commissioned by them; as also your civil superiors, such as your Prince, and the magistrates he has established for administering justice; and, finally, your domestic superiors, viz., your father and mother, master and mistress. Now, this obedience is called necessary, because no man can exempt himself from the duty of obeying his superiors, God having placed them in authority to command and govern, each in the department that is assigned to him. You must, then, of necessity obey their commands; but, to be perfect, follow their counsels also, nay, even their desires and inclinations, so far as charity and discretion will permit. Obey them when they order that which is agreeable, as to eat, or to take your recreation; for though there seems no great virtue to obey on such occasions, yet it would be a great vice to disobey. Obey them in things indifferent, as to wear this or that dress; to go one way or another; to sing or to be silent; and this will be a very commendable obedience. Obey them in things hard, troublesome, and disagreeable; and this will be a perfect obedience. Obey, in fine, meekly, without reply; readily, without delay; cheerfully, without repining; and, above all, obey lovingly, for the love of him, who, through his love for us, made himself obedient unto death, even to the death of the cross, and who, as St. Bernard says, rather chose to part with his life than his obedience.

That you may learn effectually to obey your superiors, condescend easily to the will of your equals, yielding to their opinions in what is not sin. without being contentious or obstinate. Accommodate yourself cheerfully to the desires of your inferiors, as far as reason will permit; never exercise an imperious authority over them so long as they are good. It is an illusion to believe that we should obey with ease if we were religious, when we feel ourselves so backward and stubborn in what regards obedience to those whom God has placed over us.

We call that obedience voluntary to which we oblige ourselves by our own choice, and which is not imposed on us by another. We do not commonly choose our prince, our bishop, our father or mother; and even wives, many times, do not choose their husbands; but we choose our confessor and director. If, then, in choosing we make a vow to obey, as the holy mother Teresa did, who, as has been already observed, besides her obedience, solemnly vowed to the superior of her order, bound herself by a simple vow, to obey father Gratian; or if, without a vow we dedicate ourselves to the obedience of any one, this obedience is always called voluntary, on account of its being grounded on our own free will and choice.

We must obey every one of our superiors, according to the charge he has over us. In political matters we must obey our prince; in ecclesiastical, our prelates; in domestic, our father, master, or husband; and, in what regards the private conduct of the soul, our ghostly father, or director. I request your ghostly father to order you all the actions of piety you are to perform, in order that they may acquire a double value; the one of themselves, because they are works of piety; the other of obedience to his commands, and in virtue of which they are performed. Happy are the obedient, for God will never suffer them to go astray.

La seule charité constitue la perfection, mais l'obéissance, la chasteté et la pauvreté sont les trois grands moyens que nous avons pour l'acquérir: l'obéissance consacre notre cœur, la chasteté notre corps, et la pauvreté nos biens à l'amour et au service de Dieu. Ce sont les trois branches de la croix spirituelle, toutes trois néanmoins fondées sur la quatrième qui est l'humilité. Je ne prétends pas vous parler de ces trois vertus par rapport aux vœux solennels qu'en font les personnes qui entrent en religion, ni par rapport aux vœux simples qu'on en peut faire dans le monde, je les considérerai seulement en elles-mêmes, attendu que quoique le vœu y attache un surcroît de grâce et de mérite, elles suffisent néanmoins sans le vœu pour conduire à la perfection, pourvu qu'elles soient bien pratiquées.

Il est vrai que les vœux qu'on en fait établissent une personne dans l'état de perfection, mais il y a une grande différence entre l'état de perfection et la perfection, puisque tous les évêques et les religieux sont dans l'état de perfection, et que tous néanmoins ne sont pas dans la perfection, ainsi qu'il ne se voit que trop. Tâchons donc, Philothée, de bien pratiquer ces trois vertus, chacun selon notre vocation; car, encore qu'elles ne nous mettent pas dans l'état de perfection, elles nous donneront néanmoins la perfection même; et c'est pourquoi nous sommes tous obligés à la pratique de ces trois vertus, quoique nous ne soyons pas tous obligés de les pratiquer de la même manière.

Il y a deux sortes d'obéissance: l'une nécessaire, et l'autre volontaire. Par la nécessaire, vous devez humblement obéir à vos supérieurs ecclésiastiques, comme au pape et à l'évêque, au curé et à ceux qui les représentent. Vous devez obéir à vos supérieurs politiques, c'est-à-dire à votre prince et aux magistrats qu'il a établis sur votre pays; vous devez enfin obéir à vos supérieurs domestiques, c'est-à-dire à votre père, à votre mère, à votre mari, à votre maître et à votre maîtresse. Or, cette obéissance s'appelle nécessaire, parce que nul ne peut s'exempter d'obéir à ces supérieurs-là, Dieu les ayant chargés de nous commander et de nous gouverner, chacun selon l'autorité qu'il a sur nous. Obéissez donc à leurs commandemens, cela est de nécessité; mais de plus, si vous voulez être parfaite, suivez encore leurs conseils, et même leurs désirs et leurs inclinations, en tant que la charité et la prudence vous le permettront: obéissez quand ils vous ordonneront une chose agréable, comme de manger ou de prendre la récréation; car, encore qu'il paroisse qu'il n'y a pas grand mérite à obéir en ce cas, ce seroit néanmoins un grand vice que de désobéir. Obéissez dans les choses indifférentes, comme de porter tel ou tel habit, d'aller par un chemin ou par un autre, de chanter ou de se taire, et ce sera déjà une obéissance fort recommandable. Obéissez dans les choses difficiles, âpres et dures, et ce sera une obéissance parfaite. Obéissez enfin doucement sans réplique, promptement, sans retard, gaîment, sans chagrin, et surtout obéissez amoureusement pour l'amour de celui qui pour l'amour de nous s'est fait obéissant jusqu'à la mort, et à la mort de la croix; et qui, comme dit saint Bernard, aima mieux perdre la vie que l'obéissance.

Pour apprendre à obéir aisément à vos supérieurs, condescendez aisément à la volonté de vos égaux, cédant à leurs opinions en ce qui n'est pas mauvais, sans être contentieuse, ni revêche: accommodez-vous volontiers aux désirs de vos inférieurs, autant que la raison le permettra, sans exercer sur eux aucune autorité impérieuse tant qu'ils se tiendront dans leur devoir.

C'est un abus de croire que si l'on étoit religieux ou religieuse on obéirait aisément, si l'on sent de la difficulté et de la répugnance à obéir aux personnes que Dieu a mises au-dessus de nous.

Nous appelons obéissance volontaire celle à laquelle nous nous obligeons par notre propre choix et qui ne nous est imposée par personne. On ne choisit pas pour l'ordinaire son prince ou son évêque, son père et sa mère, ni même souvent son mari, mais l'on choisit bien son confesseur, son directeur. Or, soit qu'en le choisissant on fasse vœu de lui obéir, comme fit la mère Thérèse, qui, outre l'obéissance vouée solennellement au supérieur de son ordre, s'obligea encore par un vœu simple à obéir au père Gratian; soit que, sans vœu, l'on se soumette à l'obéissance de quelqu'un, toujours cette obéissance s'appelle volontaire, à raison de son fondement qui dépend de notre volonté et de notre choix.

Il faut obéir à tous les supérieurs, et à chacun en particulier, selon l'espèce d'autorité qu'il a sur nous: aux princes, en ce qui regarde la police et les choses publiques; aux prélats, en ce qui regarde la discipline ecclésiastique; dans les choses domestiques, au père, au maître, au mari; et quant à la conduite particulière de l'ame, au confesseur et au directeur particulier. Faites-vous ordonner par votre père spirituel les pratiques de piété que vous devez observer, parce qu'elles en seront meilleures et auront double grâce et bonté; l'une tirée d'elles-mêmes, puisqu'elles sont pieuses, et l'autre tirée de l'obéissance en vertu de laquelle elles auront été prescrites et accomplies. Bienheureux sont les obéissans, car Dieu ne permettra jamais qu'ils s'égarent.

“from the French of St. Francis de Sales, to which is prefixed an abstract of his life”, New York and Ratisbon: Frederick Pustet & Co., [192-]. Fonte del testo digitale: Internet Archive scan introductiontode00franuoft (University of Toronto), read with three OCR engines and corrected; a few misreadings may remain. Testo originale: Project Gutenberg eBook #53540 (Distributed Proofreaders, from a Google Books scan). Public domain in the US and Canada: an anonymous translation printed in the 1920s from an older version; the French edition is of 1832.

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