Introduction to the Devout LifeChapter VI. Of the first purgation, which is that of mortal sin
Chapter VI. Of the first purgation, which is that of mortal sin
The first purgation that must be made is that of mortal sins; the means to make it is the holy sacrament of penance. Seek, in the first place, the best confessor you can find; then procure some of those books which have been composed for assisting sinners to make a good confession; such as Granada, Bruno, Arias, or Auger; read them carefully, and remark, from point to point, in what you have offended from the time you came to the use of reason to the present hour. Should you distrust your memory, write down what you have observed, and having thus prepared and collected together the bad humors of your conscience, detest and renounce them with the greatest contrition and sorrow that your heart can conceive, considering these four things, (1) that by sin you have lost the grace of God; (2) that you have resigned your claim to heaven; (3) that you have chosen the eternal pains of hell; and (4) that you have renounced the eternal love of God. You see, Philothea, that I speak of a general confession of the whole life, which, though not absolutely necessary, yet I look upon as exceedingly profitable in the beginning, and, therefore, earnestly advise it. It frequently happens that the ordinary confessions of those who lead a common worldly life are full of considerable defects; for they often make little or no preparation, neither have they sufficient contrition; nay, it too frequently happens that they go to confession with a tacit inclination of returning to sin, which appears from their subsequent unwillingness to avoid the occasions of sin, and to make use of the means necessary for the amendment of their life. In all these cases, a general confession calls us to the knowledge of ourselves; it excites in us a wholesome confusion for our past life; it makes us admire the mercy of God, who has so patiently waited for us; it appeases our hearts; composes our minds; excites us to good resolutions; gives occasion to our spiritual father to prescribe us advices more suitable to our condition, and opens our heart to declare ourselves with more confidence in our following confessions. Speaking, then, of a general renovation of your heart, and of an universal conversion of your soul to God, by undertaking a devout life, it appears necessary, Philothea, to exhort you to this general confession.
Le premier retranchement à faire est celui du péché. Pour cela, il faut avoir recours au sacrement de pénitence. Cherchez le plus digne confesseur que vous pourrez; ayez un de ces petits livres qui ont été faits pour aider les consciences à se bien confesser, comme Grenade, Bruno, Arias, Auger et autres: lisez-les bien, et remarquez de point en point en quoi vous avez offensé Dieu, depuis que vous avez atteint l'âge de la raison jusqu'à présent; que si vous vous défiez de votre mémoire, mettez par écrit ce que vous aurez remarqué.
Ayant ainsi préparé et réuni tout ce qui charge votre conscience, rejetez-le par une contrition aussi vive et aussi parfaite que votre cœur pourra la concevoir, considérant ces quatre choses: que par le péché vous avez perdu la grâce de Dieu, abandonné votre part de paradis, mérité les peines éternelles de l'enfer, et renoncé à l'amour éternel de Dieu.
Vous voyez bien, Philothée, que je parle d'une confession générale de toute la vie; une telle confession, je l'avoue, n'est pas toujours absolument nécessaire, mais elle est cependant extrêmement bonne et utile dans ces commencemens; aussi je vous conseille fort d'y recourir. Souvent les confessions ordinaires de ceux qui vivent d'une vie tiède et commune, sont remplies de grands défauts: on ne se prépare point, ou fort peu: on n'a point la contrition requise: on va se confesser avec la volonté tacite de retourner au péché: on ne veut pas éviter les occasions dangereuses, ni prendre les moyens nécessaires pour réformer sa vie; en tous ces cas, la confession générale est indispensable pour assurer le salut. Mais de plus, la confession générale nous appelle à la connoissance de nous-mêmes, nous provoque à une salutaire confusion pour notre vie passée, nous fait admirer la miséricorde de Dieu, qui nous a attendus si patiemment; elle apaise nos cœurs, délasse nos esprits, excite en nous de bonnes résolutions, donne sujet à notre père spirituel de nous dire les choses convenables à notre position, et enfin nous ouvre le cœur pour confesser nos péchés à l'avenir avec plus de confiance et de sincérité.
Ainsi, puisqu'il s'agit d'un renouvellement général de notre cœur, et d'une conversion universelle de notre ame à Dieu, c'est avec raison, ce me semble, Philothée, que je vous conseille cette confession générale.