AAS 21 (1929), p. 500

d'une part, ils répudient par principe la lutte des classes et le collectivisme
sous toutes ses formes, et que, de l'autre, ils admettent la forme de contrats
collectifs pour établir des rapports pacifiques entre le capital et le travail.
Et les industriels ne doivent pas y voir un acte de défiance, spécialement
dans les circonstances présentes, quand apparaît clairement le besoin
de promouvoir et de favoriser, à l'encontre du syndicalisme socialiste et
communiste, des syndicats où les ouvriers chrétiens puissent traiter de leurs
légitimes intérêts économiques et temporels, sans dommage pour leurs
intérêts spirituels et éternels.
Sur ce point, il ne semble pas y avoir divergence entre les deux syndicats
en conflit. De fait, M. Mathon, dans son deuxième rapport, déclare
que le Consortium des syndicats patronaux souhaite ardemment la constitution
de syndicats vraiment chrétiens, défendant les intérêts des ouvriers,
confrontant ces intérêts avec les siens, discutant en toute liberté et en toute indépendance
avec les organisations patronales; celles-ci comme ceux-là devant
étudier les causes de désaccord en toute équité, en toute justice, sans préjudice
des sentiments de charité chrétienne qui doivent animer le cœur des uns et des
autres.
La différence consiste en ce que le Consortium estime que, jusqu'à présent,
les syndicats chrétiens ne sont pas vraiment chrétiens, en d'autres
termes, il estime que dans l'exercice de leur activité ils n'ont pas été effectivement
fidèles aux principes de la morale sociale chrétienne; et à l'appui
de cette affirmation il apporte un certain nombre d'allégations.
Eéserve faite des intentions et de la bonne foi des recourants, on voit
aussitôt combien est grave l'accusation. Aussi la S. Congrégation, avant de
prononcer aucun jugement, a-t-elle ordonné de multiples et attentives
recherches: elle a recueilli, de sources très autorisées, des informations pleinement
dignes de foi, pour apprécier le bien-fondé d'un si grave reproche.
Cela fait, la S. Congrégation croit devoir déclarer que, selon des documents
irréfragables et d'après les preuves recueillies, certaines des allégations
sont exagérées; d'autres, les plus graves, qui attribuent aux syndicats
un esprit marxiste et un socialisme d'Etat, sont entièrement dépourvues de
fondement et injustes.
La S. Congrégation, toutefois, ne nie pas que les syndicats chrétiens
n'aient commis quelques erreurs de tactique et que certains de leurs membres
n'aient employé publiquement des expressions qui ne sont pas de tout
point conformes à la doctrine catholique.
C'est pourquoi elle veut que les dirigeants soient exhortés à pourvoir
plus efficacement à l'éducation syndicale chrétienne de tous les membres,
en utilisant les moyens que louablement ils mettent déjà en œuvre: secré-

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