AAS 33 (1941), p. 206
peuvent transmettre que des paroles se pénétrant et s'inspirant de l'es
prit consolateur de la prédication qui à la première Pentecôte, par la
voix de Pierre, retentit dans Jérusalem tout émue : esprit d'ardent
amour apostolique, esprit qui n'éprouve pas de désir plus vif ét de joie
plus sainte que de conduire tous, amis et ennemis, aux pieds du Crucifié
du Golgotha, au tombeau glorieux du Fils de Dieu et du Rédempteur du
genre humain, pour lés convaincre tous que en Lui seul, dans la vérité
enseignée par Lui, dans l'amour montré par Lui à combler de bien et à
guérir, et vécu jusqu'à se sacrifier lui-même pour la vie du monde, les
individus et les peuples pourront trouver lé salut véritable et un bon
heur durable.
A cette heure, lourde d'événements encore entre les mains de la Pro
vidence divine qui dirige l'histoire des nations et veille sur l'Eglise, c'est
pour Nous, chers fils, une joie et une satisfaction intimes de vous faire
entendre la voix du Père commun, de vous appeler pour ainsi dire à une
brève réunion de l'univers catholique, afin que vous puissiez expérimen
ter, dans le lien de la paix, la douceur du cor unum et de V anima una1
qui, sous l'impulsion de l'Esprit-Saint, cimentait la communauté de
Jérusalem au jour de la Pentecôte. Plus les conditions créées par la
guerre rendent en bien des cas difficile un contact direct et vivant entre
le Souverain Pasteur et son troupeau, plus grande est la reconnaissance
avec laquelle nous saluons le trait d'union que le génie inventif de notre
époque lancé en un instant à travers Péther, mettant immédiatement
en contact, par-dessus monts, mers et continents, tous les coins de la
terre. Et ce qui pour beaucoup est arme de combat, se transforme pour
Nous en un providentiel instrument d'apostolat, actif et pacifique, réa
lisant dans un sens nouveau la parole de l'Ecriture : In omnem- terram
exivit sonus eorum et in fines orbis terrae verba eorum. Ainsi semble2
se renouveler le grand miracle de la Pentecôte, quand les peuples divers
venus à Jérusalem des pays de toute langue, écoutaient dans leur propre
idiome la voix de Pierre et des Apôtres. C'est avec une sincère satisfac
tion que Nous Nous servons aujourd'hui de ce moyen merveilleux pour
attirer l'attention du monde catholique sur un anniversaire qui mérite
d'être inscrit en lettres d'or dans les fastes de l'Eglise : le cinquantenaire
de la publication, le 15 mai 1891, de l'Encyclique sociale fondamentale
de Léon XIII, Rerum novarum.
Poussé par la conviction profonde que l'Eglise a non seulement le
droit, mais le devoir de prononcer une parole autorisée sur les questions
1 Cfr. Act., IV, 32.
2 Psal. XVIII, 5; Rom., X, 18.
prit consolateur de la prédication qui à la première Pentecôte, par la
voix de Pierre, retentit dans Jérusalem tout émue : esprit d'ardent
amour apostolique, esprit qui n'éprouve pas de désir plus vif ét de joie
plus sainte que de conduire tous, amis et ennemis, aux pieds du Crucifié
du Golgotha, au tombeau glorieux du Fils de Dieu et du Rédempteur du
genre humain, pour lés convaincre tous que en Lui seul, dans la vérité
enseignée par Lui, dans l'amour montré par Lui à combler de bien et à
guérir, et vécu jusqu'à se sacrifier lui-même pour la vie du monde, les
individus et les peuples pourront trouver lé salut véritable et un bon
heur durable.
A cette heure, lourde d'événements encore entre les mains de la Pro
vidence divine qui dirige l'histoire des nations et veille sur l'Eglise, c'est
pour Nous, chers fils, une joie et une satisfaction intimes de vous faire
entendre la voix du Père commun, de vous appeler pour ainsi dire à une
brève réunion de l'univers catholique, afin que vous puissiez expérimen
ter, dans le lien de la paix, la douceur du cor unum et de V anima una1
qui, sous l'impulsion de l'Esprit-Saint, cimentait la communauté de
Jérusalem au jour de la Pentecôte. Plus les conditions créées par la
guerre rendent en bien des cas difficile un contact direct et vivant entre
le Souverain Pasteur et son troupeau, plus grande est la reconnaissance
avec laquelle nous saluons le trait d'union que le génie inventif de notre
époque lancé en un instant à travers Péther, mettant immédiatement
en contact, par-dessus monts, mers et continents, tous les coins de la
terre. Et ce qui pour beaucoup est arme de combat, se transforme pour
Nous en un providentiel instrument d'apostolat, actif et pacifique, réa
lisant dans un sens nouveau la parole de l'Ecriture : In omnem- terram
exivit sonus eorum et in fines orbis terrae verba eorum. Ainsi semble2
se renouveler le grand miracle de la Pentecôte, quand les peuples divers
venus à Jérusalem des pays de toute langue, écoutaient dans leur propre
idiome la voix de Pierre et des Apôtres. C'est avec une sincère satisfac
tion que Nous Nous servons aujourd'hui de ce moyen merveilleux pour
attirer l'attention du monde catholique sur un anniversaire qui mérite
d'être inscrit en lettres d'or dans les fastes de l'Eglise : le cinquantenaire
de la publication, le 15 mai 1891, de l'Encyclique sociale fondamentale
de Léon XIII, Rerum novarum.
Poussé par la conviction profonde que l'Eglise a non seulement le
droit, mais le devoir de prononcer une parole autorisée sur les questions
1 Cfr. Act., IV, 32.
2 Psal. XVIII, 5; Rom., X, 18.