AAS 42 (1950), p. 487
sait l'importance fondamentale du droit à la propriété privée pour favoriser
les initiatives et fixer les responsabilités en matière d'économie.
Pareil danger se présente également lorsqu'on exige que les salariés,
appartenant à une entreprise, aient le droit de co-gestion économique,
notamment quand l'exercice de ce droit relève, en fait, directement ou
indirectement, d'organisations dirigées en dehors de l'entreprise. Or,
ni la nature du contrat de travail, ni la nature de l'entreprise ne comportent
nécessairement par elles-mêmes un droit de cette sorte. Il est
incontestable que le travailleur salarié et l'employeur sont également
sujets, non pas objets de l'économie d'un peuple. Il n'est pas question
de nier cette parité ; c'est un principe que la politique sociale a déjà fait
valoir et qu'une politique organisée sur le plan professionnel ferait valoir
plus efficacement encore. Mais il n'y a rien dans les rapports de droit
privé, tels que les règle le simple contrat de salaire, qui soit en contradiction
avec cette parité fondamentale. La sagesse de Notre Prédécesseur
Pie XI l'a clairement montré dans l'Encyclique Quadragesimo anno et,
conséquemment, il y nie la nécessité intrinsèque d'ajuster le contrat de
travail sur le contrat de société. On ne méconnaît pas pour autant l'utilité
de ce qui a été jusqu'ici réalisé en ce sens, de diverses manières, au
commun avantage des ouvriers et des propriétaires ; 1 mais en raison
des principes et des faits le droit de co-gestion économique, que l'on
réclame, est hors du champ de ces possibles réalisations.
L'inconvénient de ces problèmes c'est qu'ils font perdre de vue le plus
important, le plus urgent problème, celui qui pèse, comme un cauchemar,
précisément sur ces vieux pays d'industrie; Nous voulons dire l'imminente
et permanente menace du chômage, le problème de la réintégration
et de la sécurité d'une productivité normale, de celle qui, par son origine
comme par sa fin, est intimement liée à la dignité et à l'aisance de
la famille considérée comme unité morale, juridique et économique.
Quant aux pays, dont on commence aujourd'hui à envisager l'industrialisation,
Nous ne pouvons que louer les efforts des Autorités ecclésiastiques
en vue d'épargner aux populations vivant jusqu'ici dans un régime
patriarcal ou même féodal, et surtout en des agglomérations hétérogènes,
la répétition des fâcheuses omissions du libéralisme économique
au siècle dernier. Une politique sociale conforme à la doctrine de l'Eglise,
soutenue par des organisations garantissant les intérêts matériels et spirituels
du peuple, et adaptées aux présentes conditions de vie : une telle
politique devrait être assurée du suffrage de tout vrai catholique sans
aucune exception.
1 Acta Apostolicae Sedis, vol. XXIII, p. 199.
les initiatives et fixer les responsabilités en matière d'économie.
Pareil danger se présente également lorsqu'on exige que les salariés,
appartenant à une entreprise, aient le droit de co-gestion économique,
notamment quand l'exercice de ce droit relève, en fait, directement ou
indirectement, d'organisations dirigées en dehors de l'entreprise. Or,
ni la nature du contrat de travail, ni la nature de l'entreprise ne comportent
nécessairement par elles-mêmes un droit de cette sorte. Il est
incontestable que le travailleur salarié et l'employeur sont également
sujets, non pas objets de l'économie d'un peuple. Il n'est pas question
de nier cette parité ; c'est un principe que la politique sociale a déjà fait
valoir et qu'une politique organisée sur le plan professionnel ferait valoir
plus efficacement encore. Mais il n'y a rien dans les rapports de droit
privé, tels que les règle le simple contrat de salaire, qui soit en contradiction
avec cette parité fondamentale. La sagesse de Notre Prédécesseur
Pie XI l'a clairement montré dans l'Encyclique Quadragesimo anno et,
conséquemment, il y nie la nécessité intrinsèque d'ajuster le contrat de
travail sur le contrat de société. On ne méconnaît pas pour autant l'utilité
de ce qui a été jusqu'ici réalisé en ce sens, de diverses manières, au
commun avantage des ouvriers et des propriétaires ; 1 mais en raison
des principes et des faits le droit de co-gestion économique, que l'on
réclame, est hors du champ de ces possibles réalisations.
L'inconvénient de ces problèmes c'est qu'ils font perdre de vue le plus
important, le plus urgent problème, celui qui pèse, comme un cauchemar,
précisément sur ces vieux pays d'industrie; Nous voulons dire l'imminente
et permanente menace du chômage, le problème de la réintégration
et de la sécurité d'une productivité normale, de celle qui, par son origine
comme par sa fin, est intimement liée à la dignité et à l'aisance de
la famille considérée comme unité morale, juridique et économique.
Quant aux pays, dont on commence aujourd'hui à envisager l'industrialisation,
Nous ne pouvons que louer les efforts des Autorités ecclésiastiques
en vue d'épargner aux populations vivant jusqu'ici dans un régime
patriarcal ou même féodal, et surtout en des agglomérations hétérogènes,
la répétition des fâcheuses omissions du libéralisme économique
au siècle dernier. Une politique sociale conforme à la doctrine de l'Eglise,
soutenue par des organisations garantissant les intérêts matériels et spirituels
du peuple, et adaptées aux présentes conditions de vie : une telle
politique devrait être assurée du suffrage de tout vrai catholique sans
aucune exception.
1 Acta Apostolicae Sedis, vol. XXIII, p. 199.