AAS 44 (1952), p. 786
L'intérêt de l'individu est-il à ce point subordonné à l'intérêt médical
commun — ou trangresse-t-on ici, de bonne foi peut-être, les exigences
les plus élémentaires du droit naturel, transgression que ne peut se
permettre aucune recherche médicale?
Il faudrait fermer les yeux à la réalité pour croire qu'à l'heure actuelle,
on ne trouve plus personne dans le monde de la médecine pour
tenir et défendre les idées qui sont à l'origine des faits que nous avons
cités. Il suffit de suivre pendant quelque temps les rapports sur les essais
et les expériences médicales, pour se convaincre du contraire. On se
demande involontairement ce qui a autorisé tel médecin à oser telle intervention,
et ce qui pourrait jamais l'y autoriser. Avec une objectivité
tranquille, l'expérience est décrite dans son déroulement et dans ses
effets ; on note ce qui se vérifie et ce qui ne vérifie pas. Sur la question
de la licéité morale, pas un mot. Cette question existe cependant, et l'on
ne peut la supprimer en la passant sous silence.
Pour autant que, dans les cas mentionnés, la justification morale de
l'intervention se tire du mandat de l'autorité publique, et donc de la
subordination de l'individu à la communauté, du bien individuel au
bien social, elle repose sur une explication erronée de ce principe. Il
faut remarquer que l'homme dans son être personnel n'est pas ordonné
en fin de compte à l'utilité de la société, mais au contraire, la communauté
est là pour l'homme.
La communauté est le grand moyen voulu par la nature et par Dieu
pour régler les échanges où se complètent les besoins réciproques, pour
aider chacun à développer complètement sa personnalité selon ses aptitudes
individuelles et sociales. La communauté considérée comme un tout
n'est pas une unité physique qui subsiste en soi, et ses membres individuels
n'en sont pas des parties intégrantes. L'organisme physique des
êtres vivants, des plantes, des animaux ou de l'homme possède en tant
que tout une unité qui subsiste en soi : chacun des membres, par exemple,
la main, le pied, le cœur, l'œil est une partie intégrante, destinée par
tout son être à s'insérer dans l'ensemble de l'organisme. Hors de l'organisme,
il n'a, par sa nature propre, aucun sens, aucune finalité; il est
entièrement absorbé par la totalité de l'organisme, auquel il se relie.
Il en va tout autrement dans la communauté morale et dans chaque
organisme de caractère purement moral. Le tout n'a pas ici d'unité qui
subsiste en soi, mais une simple unité de finalité et d'action. Dans la
communauté, les individus ne sont que collaborateurs et instruments
pour la réalisation du but communautaire.
Que s'ensuit-il pour l'organisme physique? Le maître et l'usufruitier
commun — ou trangresse-t-on ici, de bonne foi peut-être, les exigences
les plus élémentaires du droit naturel, transgression que ne peut se
permettre aucune recherche médicale?
Il faudrait fermer les yeux à la réalité pour croire qu'à l'heure actuelle,
on ne trouve plus personne dans le monde de la médecine pour
tenir et défendre les idées qui sont à l'origine des faits que nous avons
cités. Il suffit de suivre pendant quelque temps les rapports sur les essais
et les expériences médicales, pour se convaincre du contraire. On se
demande involontairement ce qui a autorisé tel médecin à oser telle intervention,
et ce qui pourrait jamais l'y autoriser. Avec une objectivité
tranquille, l'expérience est décrite dans son déroulement et dans ses
effets ; on note ce qui se vérifie et ce qui ne vérifie pas. Sur la question
de la licéité morale, pas un mot. Cette question existe cependant, et l'on
ne peut la supprimer en la passant sous silence.
Pour autant que, dans les cas mentionnés, la justification morale de
l'intervention se tire du mandat de l'autorité publique, et donc de la
subordination de l'individu à la communauté, du bien individuel au
bien social, elle repose sur une explication erronée de ce principe. Il
faut remarquer que l'homme dans son être personnel n'est pas ordonné
en fin de compte à l'utilité de la société, mais au contraire, la communauté
est là pour l'homme.
La communauté est le grand moyen voulu par la nature et par Dieu
pour régler les échanges où se complètent les besoins réciproques, pour
aider chacun à développer complètement sa personnalité selon ses aptitudes
individuelles et sociales. La communauté considérée comme un tout
n'est pas une unité physique qui subsiste en soi, et ses membres individuels
n'en sont pas des parties intégrantes. L'organisme physique des
êtres vivants, des plantes, des animaux ou de l'homme possède en tant
que tout une unité qui subsiste en soi : chacun des membres, par exemple,
la main, le pied, le cœur, l'œil est une partie intégrante, destinée par
tout son être à s'insérer dans l'ensemble de l'organisme. Hors de l'organisme,
il n'a, par sa nature propre, aucun sens, aucune finalité; il est
entièrement absorbé par la totalité de l'organisme, auquel il se relie.
Il en va tout autrement dans la communauté morale et dans chaque
organisme de caractère purement moral. Le tout n'a pas ici d'unité qui
subsiste en soi, mais une simple unité de finalité et d'action. Dans la
communauté, les individus ne sont que collaborateurs et instruments
pour la réalisation du but communautaire.
Que s'ensuit-il pour l'organisme physique? Le maître et l'usufruitier