Introduction to the Devout LifeChapter IV. Of exterior humility

san Francesco di Sales († 1622) · Introduction à la vie dévote · 1609

Chapter IV. Of exterior humility

Borrow empty vessels, not a few,” said Eliseus to the poor widow, 4 Kings iv. 3; “and pour oil into them.” To receive the grace of God into our hearts they must be emptied of vainglory.

As the Kestrel, by crying and looking on the birds of prey, affrights them by a secret property peculiar to itself, which makes the doves love her above all other birds, and live in security with her; so humility repels Satan, and preserves the grace and gift of the Holy Ghost within us. All the Saints, but particularly the King of Saints and his Mother, have always honored and cherished this blessed virtue more than any amongst the moral virtues. We call that glory vain which we assume to ourselves, either for what is not in us, or for what is in us, and belongs to us, but deserves not that we should glory in it. The nobility of our ancestors, the favor of great men, and popular honor, are things, not in us, but either in our progenitors, or in the esteem of other men. Some become proud and insolent, either by riding a good horse, wearing a feather in their hat, or by being dressed in a fine suit of clothes; but who does not see the folly of this? for if there be any glory in such things, the glory belongs to the horse, the bird, and the tailor; and what a meanness of heart must it be, to borrow esteem from a horse, from a feather, or some ridiculous new fashion! Others value themselves for a well-trimmed beard, for curled locks, or soft hands; or because they can dance, sing, or play; but are not these effeminate men, who seek to raise their reputation by so frivolous and foolish things? Others, for a little learning, would be honored and respected by the whole world, as if every one ought to become their pupil, and account them his masters. These are called pedants. Others strut like peacocks, contemplating their beauty and think themselves admired by every one. All this is extremely vain, foolish, and impertinent; and the glory which is raised on so weak foundations is justly esteemed vain and frivolous.

True goodness is proved like true balm; for as balm, when dropped into water, if it sinks and rests at the bottom, is so accounted the most excellent and precious; so, if you would know whether a man be truly wise, learned, or generous, observe whether his qualifications tend to humility, modesty, and submission; for then they shall be good indeed; but if they swim on the surface, and strive to appear above water, they shall be so much the less true, in the same proportion as they appear. As pearls, that are conceived and nourished by the wind, or by the noise of thunder, have nothing of the substance of pearls, but merely the external appearance; so the virtues and good qualities of men that are bred and nourished by pride, ostentation, and vanity, have nothing but the appearance of good.

Honors, rank, and dignities, are like saffron, which thrives best, and grows most plentifully, when trodden under foot. It is no honor to be beautiful when a man prizes himself for it: beauty, to have a good grace, should be neglected; and learning is a disgrace to us when it degenerates into pedantry.

If we stand upon the punctilio for places, precedency, and titles, besides exposing our qualities to be examined, tried, and contradicted, we render them vile and contemptible; for as honor is beautiful when freely given, so it becomes base when exacted or sought after. When the peacock spreads his tail to admire himself, in raising up his beautiful feathers he ruffles all the rest, and discovers his deformities. Flowers that are fair whilst they grow in the earth wither and fade when handled; and as they that smell the mandrake at a distance perceive a most agreeable fragrance, whilst they that approach become sick and stupefied, so honors give a pleasant satisfaction to those that view them afar off, without stopping to amuse themselves with them, or being earnest about them. Those who affect them, or feed on them, are exceedingly blamable, and worthy of reprehension.

The pursuit and love of virtue begin to make us virtuous; but the pursuit and love of honor make us contemptible and worthy of blame. Generous minds do not amuse themselves about the petty toys of rank, honor, and salutation; they have other things to perform; such baubles only belong to degenerate spirits.

He that may have pearls never loads himself with shells; and such as aspire to virtue trouble not themselves about honors. Every one indeed may take and keep his own place without prejudice to humility, so that it be done carelessly, and without contention. For as they that come from Peru, besides gold and silver, bring also thence apes and parrots, because they neither cost much, nor are burdensome; so they that aspire to virtue refuse not the rank and honor due to them, provided it cost them not too much care and attention, nor involve them in trouble, anxiety, disputes, or contentions. Nevertheless, I do not here allude to those whose dignity concerns the public, nor to certain particular occasions of important consequences; for in these every one ought to keep what belongs to him, with prudence and discretion, accompanied by charity and suavity of manners,

L'écriture sainte rapporte qu'une pauvre veuve ayant fait connoître sa misère au prophète Élisée, cet homme de Dieu lui ordonna d'emprunter autant de vases vides qu'elle pourrait, d'y verser le peu d'huile qui lui restoit, l'assurant que l'huile ne cesserait de couler que lorsque tous les vases seroient pleins. Apprenons de là que Dieu demande des cœurs bien vides pour y faire couler sa grâce, et songeons à vider les nôtres de tout sentiment de notre propre gloire, si nous voulons qu'ils soient remplis de la divine onction. On dit que la cresserelle, en criant et en regardant les oiseaux de proie, a la vertu secrète de les épouvanter et de les faire fuir. C'est pourquoi les colombes l'aiment plus que tous les autres oiseaux, et vivent en assurance auprès d'elle: ainsi l'humilité repousse Satan, et conserve en nous les grâces et les dons du Saint-Esprit, et pour cela tous les saints, mais particulièrement le Roi des saints et sa mère, ont toujours honoré et chéri cette digne vertu plus qu'aucune autre.

Nous appelons vaine la gloire qu'on se donne, soit pour les choses qui ne sont pas en nous, soit pour celles qui sont en nous, mais non pas à nous; soit pour celles qui sont en nous et à nous, mais qui ne méritent pas qu'on s'en glorifie. La noblesse de la naissance, l'amitié des grands, la faveur populaire, sont des choses qui ne sont pas en nous, mais ou en nos prédécesseurs, ou en l'estime d'autrui. Il y en a qui sont tout fiers et tout glorieux parce qu'ils ont un beau cheval, parce qu'ils ont un panache à leur chapeau, ou quelque riche vêtement: mais qui n'aperçoit leur folie? s'il y a de la gloire en cela, n'appartient-elle pas plutôt au cheval qu'on admire, à l'oiseau qui a fourni les plumes, au tailleur qui a fait l'habit? Et quelle lâcheté n'est-ce pas d'emprunter ainsi son mérite d'un animal, ou d'un vain ajustement. D'autres se regardent et s'admirent pour des moustaches relevées, pour une barbe bien peignée, pour des cheveux crêpés, pour des mains douillettes, pour savoir danser, jouer, chanter; mais encore quelle petitesse d'esprit de vouloir enchérir de valeur, et croître en réputation par des choses si frivoles! D'autres pour un peu de science, veulent être honorés et respectés dans le monde, comme si chacun devoit aller à l'école chez eux, et les regarder comme des docteurs: mais qu'arrive-t-il; on leur donne le titre de pédans, et l'on a raison. D'autres se pavanent à cause de leur beauté, et croient que tout le monde les courtise. Tout cela est extrêmement vain, sot et impertinent; et la gloire qu'on retire de si foibles sujets s'appelle vaine, sotte, et frivole.

On connoît le vrai bien comme le vrai baume; on éprouve le baume en le distillant dans l'eau: s'il va au fond, l'on juge qu'il est fin et précieux; mais s'il surnage, l'on juge qu'il ne vaut rien. De même pour connoître si un homme est vraiment sage, savant, généreux, noble, il faut voir si ses bonnes qualités tendent à l'humilité, à la modestie et à la soumission: car alors ce sont de vraies bonnes qualités; mais si au contraire elles surnagent et veulent paroître, ce sont des biens d'autant moins véritables qu'ils sont plus apparens. Les perles qui ont été formées dans un temps de vent et de tonnerres n'ont que l'écorce de perles, et sont vides de substances; ainsi les vertus et les belles qualités des hommes, qui sont reçues et nourries dans l'orgueil, la jactance et la vanité, n'ont que la simple apparence du bien, sans sucre, sans moelle et sans solidité.

La honneurs, les rangs, les dignités sont comme le safran, qui se porte mieux et vient plus abondamment quand il est foulé aux pieds. Ce n'est plus un honneur d'être beau, quand on en tire vanité. La beauté, pour avoir bonne grâce, doit être négligée; et la science nous déshonore, quand elle nous enfle de pédanterie.

Si nous sommes pointilleux pour les rangs, les préséances et les titres, outre que nous exposons nos qualités à l'examen et à la contradiction, nous les rendons viles et abjectes; car l'honneur qui est si beau lorsqu'il est reçu en présent, devient méprisable lorsqu'il est exigé, recherché et demandé. Quand le paon fait sa roue pour se voir en levant ses belles plumes, il se hérisse tout le corps, en sorte qu'il montre ce qu'il a de plus laid. Quand une fleur est cueillie et maniée, elle perd bien vite tout son éclat; et comme ceux qui sentent la mandragore de loin, et en passant en reçoivent une odeur très-suave, tandis que ceux qui la sentent de près et long-temps tombent dans l'assoupissement et le malaise, de même les honneurs consolent agréablement ceux qui les reçoivent comme ils se présentent, sans s'y attacher trop fortement, mais ils sont très-funestes à ceux qui les recherchent avec empressement.

L'amour et la recherche de la vertu commencent à nous rendre vertueux; mais l'amour et la recherche des honneurs commencent à nous rendre vils et blâmables. Les grandes ames ne s'amusent pas à tout ce fatras de rang, d'honneur, de salutations; elles ont d'autres occupations, et cela ne convient qu'aux esprits fainéans. Qui peut avoir des perles, ne se charge pas de coquilles, et ceux qui aspirent à la vertu recherchent peu les honneurs. Il faut convenir cependant que chacun peut se placer à son rang et s'y tenir, sans violer l'humilité, pourvu que cela se fasse négligemment et sans prétention; car comme ceux qui viennent du Pérou, outre l'or et l'argent qu'ils rapportent, prennent aussi avec eux des singes et des perroquets, parce que cela ne leur coûte guère, et que le navire n'en est pas beaucoup plus chargé; de même ceux qui aspirent à la vertu ne laissent pas de prendre le rang et les honneurs qui leur sont dus, pourvu que cela ne leur coûte pas beaucoup de soin et d'attention, et que ce soit sans être chargé de trouble, d'inquiétude, de disputes et de contentions. Je ne parle pas ici de ceux dont la dignité regarde le public, ni de certaines occasions particulières qui tirent fort à conséquence; car alors il faut que chacun conserve soigneusement ce qui lui appartient, avec une prudence et une discrétion qui soit accompagnée de beaucoup de courtoisie et de charité.

  1. 1 Or Kestrel, a bird of the hawk kind

“from the French of St. Francis de Sales, to which is prefixed an abstract of his life”, New York and Ratisbon: Frederick Pustet & Co., [192-]. Fonte del testo digitale: Internet Archive scan introductiontode00franuoft (University of Toronto), read with three OCR engines and corrected; a few misreadings may remain. Testo originale: Project Gutenberg eBook #53540 (Distributed Proofreaders, from a Google Books scan). Public domain in the US and Canada: an anonymous translation printed in the 1920s from an older version; the French edition is of 1832.

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