AAS 33 (1941), p. 211

thentique de ee dien commun que l'Etat est appelé à promouvoir? D'où
il suit que la charge de ce « bien commun » ne comporte pas un pouvoir si
étendu sur les membres de la communauté qu'en vertu de ce pouvoir
il soit permis à l'autorité publique d'entraver le développement de l'ac­
tion individuelle décrite tout à l'heure, de décider directement sur le
commencement ou (en dehors du cas de légitime châtiment) sur le
terme de la vie humaine, de fixer à son gré 3a manière dont il devra
se conduire dans l'ordre physique, spirituel, religieux et moral, en op­
position avec les devoirs et droits personnels de l'homme, et à telle fin
d'abolir ou rendre inefficace le droit naturel aux biens matériels. Vou­
loir déduire une telle extension de pouvoir du soin de procurer le bien
commun, serait fausser le sens même du bien commun et tomber dans
l'erreur d'affirmer que la fin propre de l'homme sur la terré est la société,
que la société est à elle-même sa propre fin, que l'homme n'a pas d'autre
vie qui l'attende après celle qui se termine ici-bas.
L'économie nationale elle aussi, de même qu'elle est le fruit de l'acti­
vité d'hommes qui travaillent unis dans la communauté statale, ne tend
pas non plus à autre chose qu'à assurer sans interruption les conditions
matérielles dans lesquelles pourra se développer pleinement la vie indi­
viduelle des citoyens. Là où ceci sera obtenu et obtenu de façon durable,
un peuple sera, à parler exactement, riche, parce que le bien-être géné­
ral et, par conséquent, le droit personnel de tous à l'usage des biens
terrestres, se trouvera ainsi réalisé conformément au plan voulu par le
Créateur.
De là, chers fils, il vous sera facile de voir que la richesse économique
d'un peuple ne consiste pas proprement dans l'abondance des biens,
mesurée selon un calcul matériel pur et simple de leur valeur, mais bien
dans ce qu'une telle abondance représente et fournit réellement et effi­
cacement comme base matérielle suffisante pour le développement per­
sonnel convenable de ses membres. Si une telle juste distribution des
biens n'était pas réalisée ou n'était qu'imparfaitement assurée, le vrai
but de l'économie nationale ne serait pas atteint; étant donné que, quelle
que fût l'opulente abondance des biens disponibles, le peuple, n'étant
pas appelé à y participer, ne serait pas riche, mais pauvre. Faites au
contraire que cette juste distribution soit effectivement réalisée et de
manière durable, et vous verrez un peuple, bien que disposant de biens
moins considérables, devenir et être économiquement sain.
Ces idées fondamentales sur la richesse et la pauvreté des peuples,
il Nous semble particulièrement opportun de les mettre devant vos yeux
aujourd'hui où l'on est porté à mesurer et évaluer une telle richesse et

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