AAS 33 (1941), p. 212
pauvreté avec des balances et selon des critères purement quantitatifs,
soit de l'espace, soit de la quantité des biens. Si au contraire on estime
à sa valeur exacte le but de l'économie nationale, alors celui-ci devien
dra une lumière pour les efforts des hommes d'état et des peuples, et les
éclairera pour s'engager spontanément dans une voie qui n'exigera pas
de continuels sacrifices de biens et de sang, mais portera des fruits de
paix et de bien-être général.
Le travail
Comment à l'usage des biens matériels vient se relier le travail, vous
le comprenez vous-mêmes, chers fils. La Rerum novarum enseigne que
le travail humain a une double propriété : il est personnel et il est né
cessaire. Il est personnel, parce qu'il s'accomplit avec l'emploi des for
ces particulières à l'homme; il est nécessaire, parce que sans lui on ne
peut se procurer ce qui est indispensable à la vie, dont la conservation
est un devoir naturel, grave, individuel. Au devoir personnel du travail
imposé par la nature correspond et s'ensuit le droit naturel de chaque
individu à faire du travail le moyen de pourvoir à sa vie propre et à celle
de ses fils : si profondément est ordonné en vue de la conservation de
l'homme l'empire de la nature.
Mais notez qu'un tel devoir et le droit correspondant au travail, est
imposé et accordé à l'individu en première instance par la nature, et non
par la société, comme si l'homme n'était qu'un simple serviteur ou fonc
tionnaire de la communauté. D'où il suit que le devoir et le droit d'or
ganiser le travail du peuple appartient avant tout à ceux qui y sont
immédiatement intéressés : employeurs et ouvriers. Que si ensuite eux
ne remplissent par leur tâche, ou ne peuvent le faire par suite de spé
ciales circonstances extraordinaires, alors il rentre dans les attributions
de l'état d'intervenir sur ce terrain, dans la division et la distribution
du travail, sous la forme et dans la mesure que demande le bien commun
justement compris.
En tout cas, une légitime et bienfaisante intervention de l'état dans
le domaine du travail doit, quelle qu'elle soit, rester telle que soit sau
vegardé et respecté le caractère personnel de ce travail, et cela, soit dans
l'ordre des principes, soit, autant que possible, en ce qui touche à l'exé
cution, et il en sera ainsi si les règlements de l'état ne suppriment pas
et ne rendent pas irréalisable l'exercice des autres droits et devoirs éga
lement personnels : tels le droit au vrai culte divin; le droit des époux,
du père et de la mère, à mener la vie conjugale et familiale; le droit
à une raisonnable liberté dans le choix d'un état et dans la réponse à une
soit de l'espace, soit de la quantité des biens. Si au contraire on estime
à sa valeur exacte le but de l'économie nationale, alors celui-ci devien
dra une lumière pour les efforts des hommes d'état et des peuples, et les
éclairera pour s'engager spontanément dans une voie qui n'exigera pas
de continuels sacrifices de biens et de sang, mais portera des fruits de
paix et de bien-être général.
Le travail
Comment à l'usage des biens matériels vient se relier le travail, vous
le comprenez vous-mêmes, chers fils. La Rerum novarum enseigne que
le travail humain a une double propriété : il est personnel et il est né
cessaire. Il est personnel, parce qu'il s'accomplit avec l'emploi des for
ces particulières à l'homme; il est nécessaire, parce que sans lui on ne
peut se procurer ce qui est indispensable à la vie, dont la conservation
est un devoir naturel, grave, individuel. Au devoir personnel du travail
imposé par la nature correspond et s'ensuit le droit naturel de chaque
individu à faire du travail le moyen de pourvoir à sa vie propre et à celle
de ses fils : si profondément est ordonné en vue de la conservation de
l'homme l'empire de la nature.
Mais notez qu'un tel devoir et le droit correspondant au travail, est
imposé et accordé à l'individu en première instance par la nature, et non
par la société, comme si l'homme n'était qu'un simple serviteur ou fonc
tionnaire de la communauté. D'où il suit que le devoir et le droit d'or
ganiser le travail du peuple appartient avant tout à ceux qui y sont
immédiatement intéressés : employeurs et ouvriers. Que si ensuite eux
ne remplissent par leur tâche, ou ne peuvent le faire par suite de spé
ciales circonstances extraordinaires, alors il rentre dans les attributions
de l'état d'intervenir sur ce terrain, dans la division et la distribution
du travail, sous la forme et dans la mesure que demande le bien commun
justement compris.
En tout cas, une légitime et bienfaisante intervention de l'état dans
le domaine du travail doit, quelle qu'elle soit, rester telle que soit sau
vegardé et respecté le caractère personnel de ce travail, et cela, soit dans
l'ordre des principes, soit, autant que possible, en ce qui touche à l'exé
cution, et il en sera ainsi si les règlements de l'état ne suppriment pas
et ne rendent pas irréalisable l'exercice des autres droits et devoirs éga
lement personnels : tels le droit au vrai culte divin; le droit des époux,
du père et de la mère, à mener la vie conjugale et familiale; le droit
à une raisonnable liberté dans le choix d'un état et dans la réponse à une