AAS 33 (1941), p. 213

vraie vocation; ce dernier, droit personnel s'il en fût de l'esprit humain,
et droit très haut quand s'y joignent les droits supérieurs et imprescrip­
tibles de Dieu et de l'Eglise, comme dans le choix et la réalisation des
vocations sacerdotales et religieuses.

La famille
Selon la doctrine de la Rerum novarum, la nature même a lié inti­
mement la propriété privée à l'existence de la société humaine et de sa
vraie civilisation, mais dans un degré eminent à» l'existence et au dé­
veloppement de la famille. Un tel lien est évident. N'est-ce pas la pro­
priété privée qui doit assurer au père de famille la saine liberté dont il
a besoin pour pouvoir remplir les devoirs que le Créateur lui a assignés,
pour le bien-être physique, spirituel et religieux de la famille?
Dans la famille la Nation trouve la racine naturelle et féconde de sa
grandeur et de sa puissance. Si la propriété privée doit pourvoir au bien
de la famille, toutes les dispositions publiques, toutes celles par lesquel­
les l'Etat en règle la possession, doivent non seulement rendre possible
et maintenir cette fonction — fonction qui dans l'ordre naturel est sous
certains rapports supérieure à toute autre —, mais encore en perfection­
ner toujours davantage l'exercice. II. serait contre nature de se vanter
comme d'un progrès d'un développement de la société qui, ou par l'excès
des charges ou par celui des ingérences immédiates, rendrait la pro­
priété privée vide de sens, enlevant pratiquement à la famille et à son
chef la liberté de poursuivre la fin assignée par Dieu au perfectionne­
ment de la vie familiale.
Parmi tous les biens qui peuvent être objet de propriété privée, au­
cun n'est plus conformé à la nature, selon l'enseignement de la Rerum
novarum, que la terre, le bien, sur lequel habite la famille et dont les
fruits lui fournissent, entièrement ou au moins en partie, de quoi vivre.
Et c'est rester dans l'esprit de la Rerum novarum d'affirmer qu'en règle
générale, seule, cette stabilité puisée dans la propriété d'un bien terrier
fait de la famille la cellule vitale la plus parfaite et la plus féconde de
la société, cette possession réunissant dans une progressive cohésion les
générations présentes et celles de l'avenir. Aujourd'hui l'idée d'espace
vital et la création de tels espaces est au centre des buts sociaux ét po­
litiques : mais ne devrait-on pas, avant toute chose, penser à l'espace
vital de la famille et libérer celle-ci des liens qui lui imposent des condi­
tions de vie ne lui permettant pas même de concevoir l'idée d'une mai­
son à elle?
Notre planète, avec ses immenses océans, ses mers, ses lacs, avec ses

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