PL 194, col. 1684

et cela pour defricher une terre inculte, aſin de ne pas semer sur les épines. Fatigues à Fexces du soin de la cemence terrestre, allons prendre un pen de repos a ;'@mbre de ce chene touffu que vous voyez ici pres; el la, non sans une certaine sueur interieure, criblons, moulons, pEtrissons, euisons, mangeons la se-
Par exemple, dans ledeuxieme sur Lévangile du second dimanche de la Quinquagesime, Isaac, apres avoir pris pour texte ces paroles des disciples au Sauveur : Renvoyez cette ſemme, parce qu'elle crie apres nous, commence ainsi: « Allons, mes ſreres, c'est assez de travail des mains.
II est tonne de ce que le Seigneur ne daignant point repondre à ceite ſemme, ses disciples neanumoins, touches de compassion, osent interceder pour elle, comme s'ils 6tajent plus com- palissanis et plus misericordieux que leur Maitre, qui est lui-meme la source de toute mis6ricorde.
Mais soit: pre- tons-leur des sentiments plus nobles et plus conformes à la charite. Dites- moi : Quel est celui d'entre nous qui ne souhaiterait pas que tous les hommes ſussent sauvés, et que nul ne ſat damne? Or assure- ment Dieu, que nous n'&galons pas en bonté, le ſerait, 8'il le jugeait a propos, avec autant de facilite qu'il
II veut souvent que les siens desirent pieusement ce qu'il, ue veut pas lui-meme ſaire par le motif d'une plus grande pictg. » Toute la suite de ce sermon, ainsi que le suivant, traite de la predestiuation, que Vauteur explique suivant les principes de la bonne antiquite.
L'6diteur, peu Eclaire sur cette matiere, renverse, dans une note, la doctrine de ces deux sermons. Dans le premier, sur le troisieme dimanche de Careme, Isaac dit: « L'Ecriture, mes ſreres, ne nous laisse pas ignorer que chacun de nous a son d6mon particulier, qui est extremement curieux de tout ce
» | A Pentree du premier sermon sur I'Asso0mption, Iauteur 8'enonce en ces jtermes ; On ne trouve pas aisément ce qu'on peut dire precisement sur la fete d'aujourd'hui, c'es-a-dire I'As80mption de Marie.
Resserres, comme nous le sommes, dans les limites que nos pères ont pos6es, et qu'il ne nous est pas permis de passer, nous n'osons decider autre chose, sinon qu'aujourd'hui Marie a été transporice (soit avec son corps, soit sans son corps, je n'en sais rien, Dieu le sait), a été, dis-je, transportée, non pour
» Nous ne pousserons pas le détail de ces sermons plus avant, malgre la satisfaction extreme que nous avons gotitee en les parcourant. Nous invitons les lecteurs curieux de s'instruire et de sediffer à les lire; et nous osons leur promeltre qu'ils y trouveront une theologie proſonde, une morale pure et
C'est ce qu'lsaac execute dans cette piece, où il ne s'agit pas de savoir ce que Tame, selon les Ecritures, a été avant le peché, ce qu'elle est maintenant sous le pechs, ni ce qu'elle doit ètre apres le pechE; mais quelle est son essence, queiles sont ses ſaculles, comment elle est unie au corps et de
quelle maniere elle en sort. Notre auteur satisſait a toutes ces questions en bon métaphysicien et d'unc maniere qui leva les doutes d'Alcher, et le mit en état de composer sur la meme maL.ere, comme on le verra plus bas, un assez bon écrit.
Ils ne nous ont point surpris inopinement. Nous en avions vu et observe les sigues avyant-coureurs l'année derniere, persuades, comme nous le sommes, que tous les e\6&1.ements ont leurs causes, d'où ils naissent, leurs preparations pour la maniere dout ils doivent $'0- perer, leurs Sigues pour le temps ou ils doivent arriver, et leur ulilite finale dans la raison pourquoi ils
» Une autre lettre, moins longue que la precedente, a Jean (de Belesme), évéque de Poitiers, sur ['Oflice de la messe. C'est un commentaire mystique sur les paroles du canon de la messe, dans lequel on trouve d' excellentes choses.
L'auteur init cet écrit par ces mots : « Tandis que je me delectais a vous ecrire ces choses, tant a raison du sujet que de la personne à qui j'avais Fhonneur de parler, voila quo votre homme, Hugues de Chavigui, marrete, et vient m'empecher de passer les bornes d'une lettre.
Car il est tounbe subitement sur nos gens, a frappe de sa main quelques-uns de nos convers, mis en ſuito nos dome>liques, profere plusieurs propos insolents contre nous, et fait plusieurs menaces contre notre maison.
ou que dans le lieu de mon exil je n'eusse jamais vu d' Anglais! 3 Dow Dacheri, comme on Ia dit ailleurs en publiant cet ouvrage dans le troisieme tome du Spicilege, avait mis d'abord sur le compte d'Isaac, eveque de Langres.
Mais il corrigea depuis cette attribution dans la table générale de ce recueil, conformement a autorité de deux manuscrits de la bibliotheque du roi (u. 1252-1258), qui donnent cette lelre a Labbé de Etoile, et sur ce que du temps d'Isaac, eveque de Langres, il n'y avait point d'&veque de Poitiers qui se nommat Jean.
4” Un comimentaire, qui n'a pas encore vu le jour, sur le Cantique des Cantques. On le conserve manuscrit à la bibliotheque du roi (n. 1252), mais sans nom d'auteur, Il est a la suite de la letire d Isaac dur lame, el il est asscz daus sa maniere d ecrires | .

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